Tous droits réservés Danièle Godard-Livet 2018

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un blog pour raconter des histoires ou les inventer (en rose)

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 Dans sa saison 3, la série Netflix La casa de papel met à l'honneur l'aïkido comme le moyen d'utiliser la force de l'autre à son profit. Pour ces voleurs qui se disent rebelles et même résistants, l'autre c'est le système, son armée et sa police dont ils prennent la place pour entrer dans la banque d'Espagne et voler le stock d'or.

La référence à l'aïkido est floue, ambigüe, pas très convainquante (ils se déguisent en militaires) et des enseignants d'aïkido ont déjà souligné l'approximation dans la compréhension même d'une situation d'aïkido.

http://www.marcqaikido.com/aikido-kezako/

Néanmoins c'est la première fois qu'on parle d'aïkido dans une série qui enthousiasme les jeunes (et les moins jeunes) car elle parle de...

Le mois d’août touche à sa fin. Elle aura bientôt exploré toute la ligne. Il reste pourtant deux stations particulièrement intrigantes, Mouillard et La Piémente. Mouillard est situé sur le parcours du bus en site propre, à la sortie d’un tunnel et à l’entrée du pont d’accès à la gare de Vaise réservé aux bus. La Piémente à la sortie du tunnel au milieu des arbres sur la pente du plateau de la Duchère. Ce sont pourtant des stations fréquentées, à la montée comme à la descente.

À Limonest cimetière où elle gare sa voiture, le 21 de 9 h 03 fait son retournement et redémarre sans qu’elle ait le temps de monter. Il était sans doute en retard et elle n’a rien à faire : 26 min d’attente de son collègue qui vient de Chasselay...

Emeline et Estelle ont 16 et 14 ans (presque); elles sont au Lycée et au collège à St Didier au Mont d'or, bénéficient du ramassage scolaire du Junior Direct (JD 186) mais enragent de ne pas avoir plus de possibilité de mobilité car la vie des adolescents ne se limite pas aux cours, et les horaires de cours eux-même ne se limitent pas toujours aux rythmes des classes de l'école primaire.

Il y a les sorties vers lyon pour retrouver les copains, il y a aussi le babysitting pour se faire un peu d'argent de poche et toutes les envies de bouger de jeunes qui apprécient de vivre à la campagne mais déplorent d'être aussi loin de la ville alors que le trajet jusqu'au métro ne prend que 20mn.

L'arrêt de bus est à 50 m de chez e...

Il y avait ce matin un air délicieusement frais et léger, l’air d’un matin comme en fait le mois d’août après le 15, quand s’annonce la rentrée. Un air qui rappelait celui du col de la République en septembre lorsque nous rentrions des vacances à la mer et que les plaques de chocolat oubliées sur la plage arrière durcissaient à nouveau, bonnes à être mangées. Il y avait toujours des colchiques dans les prés, celles auxquelles les vaches lentement s’empoisonnent.

Toute cette nostalgie m’a donné envie de faire étape au Puy D’or, arrêt du 21, mais aussi restaurant autrefois renommé sur la nationale 6, aujourd’hui disparu remplacé par le boulanger Paul. En venant de Paris, avant l’autoroute, on passait au Puy d’or comme c...

C’est le 15 août, elle rate le bus. Il part de Chasselay et non de St-Germain-au-Mont-d’or les dimanches et jours fériés. Elle essaie de le rattraper en voiture, mais c’est peine perdue ; ça va vite un bus le 15 août.

Elle explore un nouvel arrêt Les Balmones juste à la sortie de Limonest. Des villas anciennes avec chien (de garde), des villas en cours de rénovation avec lapin (de compagnie), mais pas grand monde. Une dame descend la route du Puy d’or avec un petit chariot, elle distribue des journaux publicitaires dans les boites aux lettres. Un monsieur monte, il porte à pied une lettre à la poste. Et puis des voitures qui passent dans les deux sens.

À sa grande surprise, le bus est bien rempli. Il n’y en a qu’un tou...

Elle a reçu hier le premier des livres commandés, écrit par un chauffeur de bus. « Aventures et mésaventures d’un chauffeur de bus » de Michel Brocq. Un goût un peu trop prononcé pour les jeux de mots datés, mais pour le reste elle y apprend des choses : les soucis qu’occasionne la conduite avec un véhicule dont porte-à-faux arrière et avant avoisinent les deux mètres et l’absence de toilettes aux terminus. Son mari, toujours plein d’un savoir incroyable sur le quotidien en termes de vie de la cité, lui rappelle que le bus 21 aurait eu un terminus à Montluzin si la mairie avait bien voulu tenir sa promesse d’y construire (et entretenir) des toilettes en bout de ligne. Rien n’a été fait et Limonest cimetière (avec ses...

Elle se dit qu’elle part en repérage pour ne pas ressentir au retour la déception d’un voyage pour rien. Elle s’attaque au plus difficile de son parcours sur le 21 : les arrêts de la Duchère, un autre monde sur cette ligne tour à tour villageoise, campagnarde, bourgeoise, industrielle (tertiaire) commerciale, urbaine. Un quartier populaire d’habitations, connu à Lyon pour sa piètre réputation, en pleine rénovation pourtant. Des barres ont été détruites, les façades sont refaites, les espaces verts propres.

Il fait chaud, elle fatigue. Est-ce elle ou le sujet qui s’épuise ? Ce matin, le bus n’est que bruits et cahots. Ça grince, ça crisse, ça couine, ça brinqueballe, ballotte, cahote, sur les ralentisseurs, dans les co...

Sais-tu que les conducteurs de bus aussi écrivent des livres ?

Non elle ne le sait pas elle voit le monde de sa fenêtre comme tout le monde.

Combien faut-il de fenêtres pour appréhender la réalité ?

la conductrice du bus en a plusieurs

le grand pare-brise avant

les deux rétroviseurs de côté

le rétroviseur central qui montre ce qui se passe dans le bus

les vitres de côté

l'écran du simulateur de conduite sur lequel elle a appris

pas d'écran de caméra de recul ni d'écran de GPS un jour peut-être

toutes des visions partielles du réel

Mais même avec plusieurs points de vue et plusieurs cadres voit-elle autre chose que ce qu'elle veut bien voir (ce qu'elle doit voir)

le passager qui ne valide pas

l'enfant qui traverse

la voiture qui dé...

Cher Jean Jacques,

Je suis partie à la recherche du château de Rochecardon où t’invitait la bonne Madame Boy de La Tour. J’ai pensé que cela te ferait plaisir de savoir ce qu’étaient devenus le ruisseau et le vallon.

Rassure-toi, ils sont toujours là et bien verts, c’est autour que tout a changé. Tu pourrais encore initier Julie Boy de la Tour à la botanique comme tu le faisais dans quelques-unes des lettres à sa mère et sais-tu que l’herbier que tu avais rassemblé pour elle, existe toujours ; il est conservé à Zurich, les couleurs ont passé, mais les échantillons sont encore très reconnaissables. En revanche, j’ai mis du temps à trouver comment accéder au vallon pour te tenir au courant.

Pourtant, à l’arrêt la Gabriell...

On était dimanche et il pleuvait. Elle partit assez tôt pour ne pas rater le 9 h 39, avec un vêtement de pluie à capuche. Pendant la nuit, elle s’était souvenu du livre de Maspéro Les passagers du Roissy-Express ; n’avait-il pas écrit également sur les aires de l’autoroute du soleil ? Lui ou un autre, elle avait toujours aimé les écrivains voyageurs, encore plus ceux qui parcouraient les trajets les plus balisés, inutile d’aller en Sibérie ou au Sri Lanka pour rencontrer l’aventure. Difficile d’être original aussi depuis Ulysse.

Puisqu’elle avait du temps, elle marcha jusqu’à l’arrêt Plambeau en suivant la piste cyclable qui s’étrécissait parfois tellement qu’elle dût emprunter le cheminement piétonnier que d’aut...

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