Tous droits réservés Danièle Godard-Livet 2018

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un blog pour raconter des histoires ou les inventer (en rose)

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J'ai une attirance considérable pour les recensements qui sont les sources que j'affectionne le plus particulièrement. C'est littéralement comme d'entrer dans la maison de nos ancêtres et d'y vivre quelques années durant.

Les dates de naissance sont un peu approximatives, les graphies des noms et les prénoms différent en partie des actes d’état civil, les professions changent selon le bon vouloir de l'agent recenseur ou la volonté du déclarant, et parfois même les liens de filiation sont fantaisites mais quels trésors !

On voit grandir les enfants, partir les adolescents, vieillir les parents, héberger un aïeul ou un jeune couple. Parfois on a des domestiques ou l'on est domestique soi-même chez quelque plus riche que...

Les registres savoyards (La Bâthie 73 et alentours) regorgent d'enfants sans père, déclarés souvent par le grand-père ou la grand-mère puis reconnus par la mère. Je n'ai pas retrouvé la même fréquence en Auvergne ou en Forez et je suis preneuse d'explications de ce que je considère comme un grand mystère.

Deux sœurs de mon arrière-grand-mère Françoise Cadet ont eu de nombreux enfants « naturels ». Marie Rosalie Cadet en eut au moins deux en 1872 et 1873 (qui vécurent tous les deux), sa sœur plus jeune de dix ans en eut au moins quatre en 1883, 1884, 1887 et 1890 (dont un seul survécut). Toutes les deux se marièrent ensuite et eurent sept enfants avec son époux pour l'une et cinq pour l'autre.(Vincent Cattelin, le mair...

Les lettres des poilus de la grande guerre (période pendant laquelle des millions de lettres ont été échangées) nous apprennent beaucoup. On m'a confié cent cinquante lettres, amoureusement transcrites par le petit-fils dans le respect de l'orthographe de son aïeul, d'un cousin par alliance de ma grand-mère. Elles sont principalement écrites à sa femme (puis à sa fille née en févier 1915), entre août 1914 et février 1916, époque de sa disparition dans les premiers jours de la bataille de Verdun.

Les déplacements des troupes

En vérifiant les lieux indiqués dans les lettres avec le journal de marche de l'unité à laquelle il appartenait (groupe cycliste de la 8eme division de Cavalerie, cote 26N 489/8 ), j' ai appris les...

Je suis née dans une famille où le présent et l’avenir comptaient plus que le passé. Il y avait bien-sûr des grands parents auxquels nous rendions visite en été, mais pas de roman familial autour de l’histoire d’ancêtres dont personne ne se souciait. Je comprends très bien que l'on puisse vivre sans rien savoir de ses ancêtres.

Je comprends moins bien ceux qui racontent une histoire tronquée ou même une histoire fausse dont on exclut une partie des ancêtres pourtant connus. Citer des exemples et les confier à internet serait trahir la discrétion voulue des intéressés, j'en resterai donc à l' anecdote d'un mensonge trouvé dans des archives.

le poilu qui ment sur sa vie au Canada

Mensonge troublant dans des lettres de gue...

Retrouver la cohérence des choix et des parcours pour toucher à la singularité des histoires de vie, nécessite de s'attarder sur toutes les dimensions de la personnalité de nos ancêtres, y compris leur foi.

Là encore, mes ancêtres se distinguent par leur attitude moyenne.

Tous mes ancêtres ont été élevés dans la religion catholique mais leurs degrés de pratique ont sans doute été très variables. Ils ont eu des oncles prêtres, des tantes religieuses et certaines mères confites en religion, ils ont vécu proches de lieux de mission (comme l’Ermitage au-dessus de Vollore) mais la tendance familiale semble plutôt pencher vers une mécréance discrète et ancienne, ou à une foi qui ne conduisait pas à rechercher le marthyr.

Pour...

J'aurais rêvé d'ancêtres  aventuriers partis vers les Antilles ou la nouvelle France dès l'origine ou vers des colonies plus récentes d'Afrique ou d'Asie. Car qui ne rêve pas d'histoires extraordinaires en peinant sur les archives ? Peine perdue ! Les plus voyageurs de mes ancêtres sont les savoyards s'embauchant à Paris, parfois pour toute une vie de travail et un retour à la retraite, parfois uniquement pour amasser le pécule qui permettra aux jeunes couples de s'installer plus confortablement.

Les lieux de l’histoire de ma famille tiennent dans deux mouchoirs de poche de vingt km de côté pour le plus grand, moins de dix pour le plus petit ; ils sont faciles à atteindre aujourd'hui, ils sont tous en bordure d’u...

En tant que généalogiste et biographe, je découvre dans les archives ou bien on me confie des choses ignorées ou dissimulées : enfants "naturels", métier subalterne, surnom infamant, dette, condamnation, histoire militaire ou politique bien différente de la légende familiale, suicide...) et la question se pose  de savoir qu'en faire.

Parfois, il me semble que la révélation de la vérité aurait bien simplifié la vie des descendants ; d'autres fois, il me faut bien conclure que l'histoire, telle qu'elle a été racontée et transmise, est la seule acceptable.

Et vous, amis généalogistes, comment faites-vous face à ces révélations des archives ou des récits ?

Sorj Chaladon a bien traité le sujet dans "La légende de nos pères":...

On ne parlera jamais assez de l'importance des oncles et des tantes (et des cousins) dans les histoires de vie.

J'ai commencé mes recherches généalogiques pour découvrir des « tantes » qui venaient l'été à la Chevalerie, le hameau des grands parents paternels, où je passais une partie de mes vacances. Ces nombreuses « tantes » dont la position dans l’arbre de notre ascendance était pour le moins obscure. Elles s’appelaient Marthe, Finette, Camille ou Colette et nous les voyions vivre, et puis il y avait la mystérieuse tante Gal dont on parlait beaucoup mais qui était morte.

Je leur ai écrit une missive qu'elle ne liront jamais, mais qui traduit mes émotions d'enfants face à ces personnages :

Vous vous app...

Tristan Garcia publie une réflexion sur le besoin d'intensité dans nos vies. Vivre le plus fort possible "vivre à fond", devient une injonction difficile à contourner, qu'il s'agisse d'expériences amoureuses, de drogues ou de sports extrêmes ou de tout autre chose qui procure une excitation intense.

Dans nos sociétés qui ont satisfait tous leurs besoins primaires , qui ne croient plus à la transcendance d'une vie éternelle et ne pratiquent plus la méditation que pour calmer leur stress, l'intensité devient le remède contre l'ennui, la platitude, la monotonie. Sans intensité, la vie ne vaut pas d'être vécue.

Le constat posé de notre travers à vouloir éprouver toujours plus pour échapper à la routine et à la banalité d'...

Vous le savez, j'aime les histoires de vie et c'est pourquoi je me veux biographe. Il est parfois difficile de démêler les influences qui vous poussent vers un chemin ou un autre et je me suis souvenue récemment d'un événement qui m'a beaucoup marquée.

Partie en Martinique avec une provision de livres dans ma liseuse (des gratuits, donc des ouvrages tombés dans le domaine public), je suis tombée amoureuse de George Sand et de son "Histoire de ma vie".

Oui, George Sand que l'école nous ferait ranger dans les écrivaines du terroir (comme Colette) avec sa "mare au diable", alors qu'elle est (comme Colette) une des femmes les plus libres, et même les plus sulfureuses de sa génération (et des générations qui l'ont suivie).

M...

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