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  • Danièle Godard-Livet

A-t-on coupé des têtes à Lissieu pendant la Révolution ?


Le dernier propriétaire du château de Poleymieux M. Guillin du Montet connut une fin horrible en 1791: il fut massacré par les gardes nationaux qui se partagèrent son cadavre et en firent un horrible festin . Les détails en sont relatés dans de nombreuses publications et tout particulièrement dans le tableau général des victimes et Martyrs de la Révolution en Lyonnais, Forez et Beaujolais1 spécialement sous le régime de la terreur 1793-1794.


Mais à Lissieu ? Que se passa-t-il pour le seigneur de Lissieu M. Lambert et sa parenté (dont ses voisins et alliés de Janzé à Marcilly, pour les demoiselles Trollier propriétaires du château de Bois-Dieu, pour le seigneur de Plambost M. Riveyrieux de Varax, pour le curé de Lissieu l'abbé Truchard ?

Là encore, il faut se référer au tableau général des victimes et martyrs de la Révolution, car rien ne se passa à Lissieu, mais tout se déroula à Lyon à l'occasion de la répression qui s'abatit sur la ville après le siège. La Terreur fit dans la ville près de 2000 victimes et l'on y inventa le mitraillage des condamnés au canon chargés de mitraille, la guillotine étant trop lente. Pour en savoir plus sur le déroulement de cet épisode, c'est ici


Joseph Henri Lambert dernier seigneur de Lissieu périt sous les canons chargés de mitraille le 13 décembre 1793. Avec son fils, Il avait été dénoncé par un courrier venu de Paris comme "bossu et bancal sous lenom du citoyen Dufrène, et dont les trois autres frères sont émigrés" , "contre-révolutionnaire et ancien noble résidant alors à Ste foy les lyon et déjeunant souvent chez le citoyen Bertier par delà le pont Morant et chez M. Fulchiron aussi négociant mais pas aristocrate".

Son fils ne semble pas avoir été exécuté et être mort paisiblement au chateau de Montluzin en 1851 à 72 ans. Mais L'oncle et les cousins de son épouse Pierre gabriel Clerico de Janzé et ses fils Jean et Camille furent condamnés, le père, considéré comme agriculteur, guillotiné et ses deux fils, ayant pris part aux combats du siège, fusillés.

Jean claude Riverieux de Varax seigneur de Marcilly, Plambost et Ars est exécuté le 5 janvier 1794. les habitants de Marcilly, maire en tête, essayèrent même de plaider en sa faveur sans succès. Son père et un de ses frères subirent le même sort comme ex-noble et contre révolutionnaire, de surcroît très riche et soupsonné d'avoir fourni de l'argent pour les frais du siège de la ville.

Les demoiselles Trollier, propriétaires de Bois Dieu et déjà fort âgées se retirent à Lyon rue du Boeuf avec leur aumonier et ne sont pas inquiétées. Il n'en sera pas de même pour leur famille. Un de leurs cousins, Louis Trollier de Chazelle, sera condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire de Lyon le 23 pluviôse an III. Le frère de ce dernier, Jean FrançoisTrollier de Messimieux, condamné par le même tribunal en l’an II de la République, ne sera pas exécuté.


Dès 1791 l'abbé Truchard, curé de Lissieu depuis 1772, est remplacé par l'abbé Poncet. En 1789 le curé Truchard avait marié sa nièce Louise Vernay à etienne Rivoire futur officier public . Le curé Truchard refuse-t-il de prêter serment, d'être un curé jureur ? Rejoint-il les curés réfractaires ? Part-il en exil ? Est-il déporté ?On ne le sait pas.

On ne sait rien non plus du sort de Nicolas Mermier, précédent seigneur de Lissieu jusqu'en 1780, mais son beau frère Laurent Basset de la pappe est fusillé le 5 décembre 1793.


La répression ne visa pas que les nobles, j'ai moi-même trouvé le nom d'un lointain cousin, séminariste né à Noirétable : Mathieu Roiret.


Les organisateurs de la répression Foucher et Collot d'herbois connurent des sorts bien différents : Collot d'herbois fut déporté à Cayenne où il mourut, Foucher devint ministre de Napoléon. Quant aux victimes, elles sont pour certaines dans la crypte des Brotteaux.

1consultable en ligne sur Gallica/BNF publié en 1911 par Antonin Portailler

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