• Danièle Godard-Livet

Les cafés de Lissieu à travers l'histoire


Lissieu, ce n'est pas vraiment la France profonde mais une petite ville autrefois bourgade agricole qui essaie de ne pas devenir une cité dortoir à 15km de Lyon.

Aussi est-ce agréable d'y voir des jeunes reprendre un café et s'intéresser à l'histoire de leur établissement comme le font les propriétaires du café-restaurant de la mairie

Chez Charlotte et Romain Grange, vous pouvez prendre l'apéritif avec un vieux copain devant une fillette de rosé ou rester pour manger à midi comme au bon vieux temps des restaurants ouvriers, c'est simple et bon, une cuisine traditionnelle mise au goût du jour suffisamment copieuse pour vous rassasier.

C'est pour eux que j'ai repris tous les recensements de population de 1836 à 1936 pour retrouver les cafetiers, au moyen des professions déclarées par les habitants.


Dans le bourg que la route traverse dès les années 1840 (après l'aménagement de la route royale n°6 qui empruntait la côte de Limonest) André Thibaud et Maris Jeanne Damour ouvrent un café dès 1841. Pendant tout le siècle, leurs enfants (en particulier Marguerite épouse de Jean Velay) puis leurs petits enfants (Jean Denis Velay) et arrière-petits-enfants (andré Velay) tiendront un café-boulangerie.


En 1866, le couple de Laurent Berger et Marie Rose Josserand ouvre une auberge. Elle est originaire de St Cyr au Mont d’or, il vient de Chasselay. Il mourra à 40 ans, six ans après son installation. Sa veuve, puis leur fille Reine, puis le couple Reine Berger — Pierre Duchamp reprendront l’affaire. Reine est veuve à 32 ans, son mari de 11 ans son aîné est mort à 43 ans ; elle devient limonadière (en 1891 et 1896). Elle se remariera et quittera Lissieu comme son fils engagé volontaire en 1901 qui fera la Première guerre mondiale comme sous-officier et en reviendra croix de guerre.

Ce n’est qu'en 1901 que Benoit Rey et Jeanne Marie Fornas (Marie est une cousine au second degré de Reine Berger) ouvre le café restaurant Rey. Elle est née à Lissieu, lui vient de Savigny. Il a d’abord été domestique, puis cultivateur vigneron sur la commune de Lissieu, elle est la fille d’une veuve Guillaumette Reynard qui était femme de charpentier. Ils ont de l’ambition, créent une collection de cartes postales, ouvrent une pompe à essence, décorent l’entrée de leur auberge. Leur fille unique Marguerite Marie Guillaumette Rey épouse en 1919 Jean Marie Thibaud, fils d’André Thibaud aubergiste aux Chères et les deux couples s’installent ensemble à Lissieu. Malheureusement Marguerite Marie Guillaumette meurt en 1921, peu après son mariage en 1921. Benoit Rey n’y survivra pas, il meurt en 1927 à 61 ans. Sa veuve devient buraliste et le couple Raitzon originaire de Paris reprend l’auberge.


En 1866, une veuve Françoise Lasnier (veuve du foudrier Jean Marie Bail) ouvre une épicierie ; elle vit avec ses fils Pierre et Joseph, Pierre (époux de Marie Pinet) deviendra distillateur, Joseph reprendra l’épicerie avec sa femme Jenny Demollière jusqu’à la fin du siècle. Ont-ils aussi eu une activité de cafetier ? les recensements ne le disent pas, mais c’est assez probable. Longue histoire familiale encore que celle des Bail-Lasnier qui ne cesseront leur activité qu'en 1900 !


A côté de ces entreprises familiales aux fortes racines lissiloises, J'ai noté l'existence plus courte du café-épicerie Griffon actif de 1896 à 1921.Pierre Griffon est né à Bully, il épouse Pierrette Sanvers Pierrette qui meurt en 1900. Pierre tient l’épicerie avec sa mère avant de se remarier en 1902 à Tarare avec Pierrette Griffon née à Tarare (et non parente). Elle est ouvrière sur coton, fille de Jean Griffon (dcd en 1887) et Marie Hortense Céré également ouvrière sur coton et originaire du tarn. Il a 40 ans, elle en a 28. Ils ne semblent pas avoir eu d’enfants. L’unique fils de son premier mariage Jean Marie Griffon, classe 1912, n° 41 est incorporé en 1913 il est tué en septembre 1914, il allait avoir 22 ans. Il figure sur le moniment aux morts de Lissieu. Pierre Griffon meurt peu après en 1920. Le café épicerie est tenu encore quelques temps par sa veuve, la mère de celle-ci et un beau-frère.


Mes recherches sont en cours et je suis preneuse de toutes informations sur les cafés du bourg ainsi que sur les auberges de la route de Limonest. L'auberge tenue par les Burnier-Tavernier, puis les Debiesse-Loup à Montluzin a cessé son activité vers 1872 ....pour reprendre ensuite dans les années 1930. Je n'en sais pas plus. Avis à tous pour compléter cette histoire.


Pour lire le détail actuel de mes recherches, vous pouvez vous reporter au texte complet sur calameo https://fr.calameo.com/read/004753372e2192eaa17f0

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