• Danièle Godard-Livet

Marinetraffic et le tanker échoué dans le canal de Suez (de l'art de la contemplation confinée)


Un ami qui connaît ma passion pour Marinetraffic me conseille d'aller y faire un tour après l'échouage d'un tanker dans le canal de Suez. Marinetraffic ou Vesselfinder sont deux sites qui vous permettent de suivre en temps réel le trafic maritime mondial. Vous pouvez y suivre le bateau du copain marin à voile qui fait une transatlantique, celui du bateau de croisière de vos amis partis visiter Venise ou les bateaux qui passent devant chez vous (si vous avez une vue sur la mer). Vous pouvez savoir à quoi ressemble le bateau, d'où vient le bateau et où il va; il suffit qu'il dispose d'un transpondeur AIS émetteur (ce qui est obligatoire pour tous les gros et fréquent même chez les plaisanciers)

Certes le canal de Suez est bloqué, mais ce que je découvre une fois de plus c'est l'importance du trafic maritime mondial (en vert les porte-conteneur, en rouge les tanker... ). L'Ever Given, c'est un très gros qui devait arriver à Rotterdam le 31 mars 2021. Un de ceux que les voiliers n'ont pas envie de rencontrer sur leur route, lui ou l'un de ses conteneurs tombé en mer.

Une découverte en appelant souvent une autre, j'apprends le succès que connaît le suivi en direct de la mésaventure de l'Ever Given ....sur twitter et l'étrange route qu'il a suivie jusqu'à sa mésaventure.

Si vous n'avez rien de mieux à faire, vous pouvez toujours vous promener virtuellement sur les mers et les océans du monde. Xavier de La Porte l'a fait et le raconte dans un article déjà ancien regarder les bateaux passer sur son écran :

Pour un ensemble de raisons pas forcément passionnantes, il se trouve que j’ai passé de nombreuses heures de ma vie à contempler Le Havre. Le contempler de loin, depuis l’autre rive de la Seine, la « côte fleurie » du Calvados, « ce vert bocage où je macérais », comme l’écrivit un jour Patrick Grainville, qui en sait quelque chose.
Vu de là, ce qui impressionne surtout, ce sont les cuves du Havre. Et plus encore que les cuves, les bateaux qui viennent les remplir d’hydrocarbure (ou les vider, je ne sais pas). Gigantesques tankers, d’une longueur infinie, qui parfois masquent presque la ville qu’ils longent. Pendant longtemps, le ballet très lent de ces bateaux, auxquels s’ajoutent les porte-conteneurs, les dragueurs et quelques ferrys, a exercé sur moi une fascination mystérieuse.
[...]
Le papier de la revue M@ppemonde déjà cité explique qu’au Portugal et au Brésil « regarder passer les bateaux » est une expression désignant l’attitude contemplative de ceux dont les attentes n’ont pas été comblées. Je fais donc ce qu’on fait depuis des siècles, partout, mais je le fais derrière un écran, quand l’envie m’en prend, quand me manquent l’odeur du matin sur la campagne normande et la vue de la mer grise, je le fais grâce à quelques icônes pixellisées. On ne dira jamais assez à quel point le numérique donne des prétextes nouveaux au vieil art de la contemplation.
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