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  • Photo du rédacteurDanièle Godard-Livet

Un quart de siècle de guerre : de la Révolution à l'Empire



Victor Hugo a chanté les soldats de l'an II, André Chénier leur a écrit le chant du départ, et tout le monde a entendu parler des grognards de Napoléon, mais combien étaient-ils ? combien ont déserté ? Combien ne sont pas revenus ? Qui étaient-ils ces soldats au départ plus ou moins volontaires, ensuite conscrits pouvant ou non être tirés au sort ou se faire remplacer ?


Les registres existent : soldats du XVIII e siècle en France, matricules napoléoniens 1802-1815, extraits mortuaires de la révolution et de l'Empire; des milliers de pages en cours d'indexation, sans doute quelques années de travail bénévole.


Le 27 aout 1793, la municipalité de Lissieu écrit avoir trouvé 40 hommes bons à porter les armes et trois chevaux à titre de garde nationale qui pourront être réquisitionnés quand cela sera nécessaire. Ailleurs, elle écrit qu'elle a fourni son contingent de jeunes de 18 à 25 ans (première levée en masse). Après, il n'en est plus question sauf à trouver mention de quelques exemptés pour raison médicale. Sur les 75 hommes nés à Lissieu entre 1770 et 1794, combien sont partis ?


Pour Lissieu, j'en ai trouvé quatre, mais ils sont incontestablement plus nombreux.Les historiens estiment à plus de 3 millions les hommes enrôlés entre 1792 et 1815 et le nombre de morts à 1,4 million pour ce quart de siècle de guerre presque ininterrompu (à titre de comparaison, la Première guerre mondiale a connu l'enrôlement de plus de 8 millions de soldats français et sans doute 1,5 million de Morts...en 4 ans).


Charles Coindre (Coinde pour l'état civil de Lissieu) né à Lissieu en 1770, fils de Jean Coindre et Françoise Dalmaïs, vignerons à Bois Dieu. Il s'engage dès le 18 juillet 1792. C'est un grand gaillard qui mesure 1,92, a le visage long et le front large, les yeux gris et le nez ordinaire, la bouche saillante et le menton gros, les sourcils un peu marqués de petite vérole.

Il fait la campagne de 1792-1793 dans l'armée du Nord, est fait prisonnier de guerre le 2 mars 1793. Il rentre en France le 16 messidor an 4, fait les campagnes des ans 5, 6 et 7 à l'armée des côtes de l'océan, celle de l'an 8 en Italie. Il est congédié le 1 floréal an 11, mais se réengage en messidor an 12. Embarqué le 5 germinal an 13 sur le Tourville, il est débarqué en vendémiaire an 14 (octobre 1805). En 1807 il est sur l'océan, en 1808 au Portugal. Il passe aux vétérans en Janvier 1809, se réengage le 11 juillet 1815 (après Waterloo et la 2eme abdication de Napoléon) et on perd sa trace. Son neveu Charles Coinde né à Lissieu en 1812 porte son prénom, mais le parrain n'est pas mentionné dans l'acte de naissance. Charles 2 Coinde meurt jeune à Lissieu en 1833.

Jean Planu né à Lissieu en 1786, fils d'Antoine Planu et Marie Géraut, journaliers au Bois Dieu s'engage en octobre 1814, il est présumé prisonnier de Guerre le 28 juin 1815 et perdu de vue ensuite.


Jean François Reverdy né à Lissieu en 1794 fils de Jean François Reverdy granger à Lissieu et de Jeanne Guyt, conscrit de 1814, arrivé au corps le 13 avril 1813, déserte le 26 mai 1814. se marie à Marcilly d'Azergues en 1822 avec Barthélémie Roberjot native de Morancé.


Blaise Pinet né en 1770 à Lissieu, fils de Denis Pinet et Antoinette Lablanche fait aussi partie de ce contingent des soldats de la révolution et de l'empire bien que je n'ai pas trouvé sa fiche. En 1818, postulant au poste de garde champêtre de Lissieu, il annonce 8 années d'armée; il vient de se marier à Lissieu à 43 ans avec Françoise Pailleron. Il meurt à Lissieu en 1840.


Lissieu n'a pas son Antoine Gourd, né en 1789 à Les Chères, engagé à 18 ans

dans les vélites de la Garde Impériale, fait la campagne de 1808 en Espagne,de 1809 en Autriche, de 1812 en Russie où il est décoré de la Légion d'Honneur sur le champ de bataille; il est blessé et fait prisonnier à Leipzig. Maire de Les Chères de 1821 à 1871, il est élu représentant du Rhône 23 Avril 1848 à l'Assemblée Constituante, Il donne sa démission à la fin de la session et revient aux Chères où il meurt en 1878. En 2014, à l'occasion du bicentenaire de la bataille de Limonest, la commune des Chères lui a rendu hommage !





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