Tous droits réservés Danièle Godard-Livet 2018

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E comme Emigration

 

J'aurais rêvé d'ancêtres  aventuriers partis vers les Antilles ou la nouvelle France dès l'origine ou vers des colonies plus récentes d'Afrique ou d'Asie. Car qui ne rêve pas d'histoires extraordinaires en peinant sur les archives ? Peine perdue ! Les plus voyageurs de mes ancêtres sont les savoyards s'embauchant à Paris, parfois pour toute une vie de travail et un retour à la retraite, parfois uniquement pour amasser le pécule qui permettra aux jeunes couples de s'installer plus confortablement.

 

Les lieux de l’histoire de ma famille tiennent dans deux mouchoirs de poche de vingt km de côté pour le plus grand, moins de dix pour le plus petit ; ils sont faciles à atteindre aujourd'hui, ils sont tous en bordure d’une autoroute. L’A 89 (sortie Les Salles) pour la branche paternelle, l’A430 (sortie Albertville) pour la branche maternelle. Bien que mes ascendants aient peu bougé jusqu’à la génération de mes parents, ils vivaient dans des lieux de passage et de frontière : le franchissement des Monts du Forez, incontournable pour aller de Lyon à Bordeaux (celui qu’a suivi Montaigne en 1580), limite entre l’Auvergne et le Forez ; le passage vers l’Italie par le col du petit St Bernard (celui qu’a suivi Hannibal en -218 avant JC), limite entre la France et le royaume de Sardaigne.

Des pays rudes et isolés : La Chevalerie, Bournier, Sommet, Les Cros, Le Grand Bois, Bénétan ou Montesseau sont tous situés à plus de mille mètres d’altitude et connaissent la neige pendant les mois d’hiver (aujourd’hui encore), Coubanouze, Biorges et La Bâthie ou Esserts-Blay sont moins élevés et plus riants, moins isolés aussi. Tous ces hameaux sont de petite taille, même s’il faut les imaginer beaucoup plus peuplés qu’ils ne le sont aujourd’hui (certains sont quasiment inhabités , mais aucun n’est abandonné). Des pays où la pierre est toujours là près de la terre arable, où l’on cultivait le seigle et la pomme de terre plus que le blé.

 

Pourtant en cherchant bien, j'en ai trouvé de plus aventuriers (les colporteurs d'Arconsat) et même des immigrants vers le nouveau monde (les cousins canadiens de Grand-Mère).

Les colporteurs d'Arconsat (qui étaient aussi charrons)

J'ai quelques archives (un carnet de colporteur, un laissez-passer à Cuba) de mes ancêtres Treille d'Arconsat qui au milieu du 19eme siècle étaient colporteurs en Amérique centrale. Que vendaient-ils ? Comment faisaient-ils le voyage ? Combien de temps étaient-ils absents à chaque voyage ? Je n'en sais rien. Ce qui est certain c'est qu'aucun ne s'y est installé durablement comme en témoigne l'acte de décès de l'un deux mort à Mexico le 21 mars 1865 dans une chambre d'hotel (acte retranscrit en juin dans les registres d'Arconsat.(AD63 Arconsat décès p145/177)

La mort de ce frère de mon AAAGP laissant trois enfants eut pour conséquence tragique une brouille durable de la famille et le manque de force de travail qui conduira sans doute mon AAGP à être accepté comme gendre.

Les Canadiens de Grand-mère

Une cousine germaine de ma grand-mère maternelle était appelée Marie la canadienne. En recherchant ses traces, J'ai trouvé qu'elle avait épousé un garçon du pays (La Bâthie 73), parti s'embaucher dans une papeterie de Shawinigan en 1913, rentré lors de la mobilisation de 1914. Mariés à Baie Shawinigan en 1920. Ils étaient repartis ensemble pour le Canada en 1927 après avoir sans doute essayé de demeurer en France comme en témoigne un acte d'achat de terrain à La Bâthie en 1926. C'est en 1958 seulement après la mort de leur mari et père que Marie la Canadienne et ses filles vendront leurs propriétés de la Bâthie aux membres de la famille restés à La Bâthie.

Les descendants vivent toujours au Canada tout en gardant des liens forts avec la famille française.


 

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