Tous droits réservés Danièle Godard-Livet 2018

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O comme Obscur

 

Aucun de mes ancêtres ne s'est distingué par une œuvre ; tous ont eu des vies minuscules et obscures.

Aussi quel plaisir de trouver, à l'occasion d'une visite au musée Dini de Villefranche, un lointain parent qui fut un peintre célèbre en son temps. Mon œil avait été attiré par sa naissance à Noirétable et par son patronyme et j'ai immédiatement reconstitué sa généalogie.

 

Théodore Lévigne, l'artiste peintre est un lointain cousin de mon arrière-grand-père paternel (5eme degré) Jean Antoine Guyonnet. La bourgeoisie lyonnaise s'enorguellit parfois de posséder ses toiles (qui sont encore côtées sur le marché de l'art et dont les plus célèbres – comme la vogue à la Croix-Rousse – ont leur place dans des musées). Ma famille ignorait jusqu'à son existence ; Il est pourtant enterré tout près de chez moi à St Romain-au-Mont-d'Or où l'on peut voir son buste.

Voici l'article que lui a consacré le journal "Le Progrès" à l'occasion d'un jour de novembre :

 

Théodore Levigne est né en 1848 à Noirétable, dans la Loire, et c’est en 1856 que son père, bottier cordonnier, vient s’installer à Lyon dans le quartier Saint-Jean. C’est un garçon curieux et observateur qui dessine et reproduit toutes les images qu’il a sous les yeux.

À dix ans, il visite avec ses parents le musée Saint-Pierre et là, c’est le déclic : il décide d’être peintre. Mais il est trop jeune pour rentrer à l’école des Beaux-Arts, il y sera admis à douze ans. En 1863, à quinze ans, il se voit décerner la plus haute distinction de l’école : le Laurier d’Or !

À dix-neuf ans, il décore la chapelle des Jésuites à Avignon. En trois mois, Théodore dessine et peint cent douze saints, grandeur nature. Il part ensuite pour Marseille, dépenser l’argent qu’il a gagné, et où il embarquera pour la Sicile et l’Italie. Il en revient l’esprit plein de soleil et d’expérience.

En 1863, il est remarqué lors de l’exposition de la Société des Amis des Arts du Palais de Saint-Pierre. En 1870, la guerre éclate, il s’engage.

De 1874 à 1878, il peint énormément. En 1893, avec son frère Léon, artiste peintre également qui habite Saint-Romain, et avec lequel il s’entend bien, il partage une grande ferme isolée où leurs talents peuvent s’épanouir : la ferme d’Arche.

Il meurt à Lyon le 11 novembre 1912. Une rétrospective de son œuvre a été organisée en 1998 à Lyon. Il y sera enterré, mais ses amis, dont le maire de Lyon Édouard Herriot, ont décidé de lui trouver une sépulture dans un village où il a vécu quelque temps. Son corps a été exhumé de Lyon pour Saint-Romain. Source Le Progrès

 

Personnage célèbre ou vie minuscule, quelle importance ? J'ai souvent remarqué que c'était pourtant un frein pour de nombreuses personnes, face à la généalogie ou à la biographie. Pourtant les vies minuscules sont aussi celles qui font l'histoire et la plupart des célébrités d'une époque tombent bien vite dans l'oubli.


 

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