Tous droits réservés Danièle Godard-Livet 2018

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P comme paternité

 

Les registres savoyards (La Bâthie 73 et alentours) regorgent d'enfants sans père, déclarés souvent par le grand-père ou la grand-mère puis reconnus par la mère. Je n'ai pas retrouvé la même fréquence en Auvergne ou en Forez et je suis preneuse d'explications de ce que je considère comme un grand mystère.

Deux sœurs de mon arrière-grand-mère Françoise Cadet ont eu de nombreux enfants « naturels ». Marie Rosalie Cadet en eut au moins deux en 1872 et 1873 (qui vécurent tous les deux), sa sœur plus jeune de dix ans en eut au moins quatre en 1883, 1884, 1887 et 1890 (dont un seul survécut). Toutes les deux se marièrent ensuite et eurent sept enfants avec son époux pour l'une et cinq pour l'autre.(Vincent Cattelin, le maire qui reçoit ses déclarations, est mon AAGPmaternel)

 

Mais il existe aussi des situations bien tristes d'enfants reniés par leur père comme la terrible histoire de ce soldat dont j'ai déjà cité les lettres et qui m'a particulièrement touchée.

Du front, il demande des nouvelles de son père et n'en reçoit pas ; il doit même dormir à l'hôtel lors d'un passage dans la ville de ses parents.

17 novembre (1915): De notre villégiature dans la neige. Bien chère femme adorée. J’ai reçue hier ta lettre du 13 dans laquelle tu me dit que tu na pas de nouvelles de moi, mais tu devrais en avoir tous les jours car je n’est pas manqué un seul jour de t’écrire. Quant a mon père je suis comme toi depuis qu’ils savent l’entente et que ma grand-mère m’écrit il ne m’on plus donné de leurs nouvelles. Quant à ma sœur Louise je ne sais pas encore sa nouvelle adresse mais je sais qu’elle fait les écritures dans un arsenal de Lyon elle a déménagé de ces jours. Je viens de faire une lettre a ma grand mère que mon camarade lui a porté il est allé en permission à Bourg. Quant à moi jattend le mois de janvier avec patience pour partir à mon tour. J’espère que tout le monde vat bien et que toi-même tu ne languis pas trop ici il y a 15 centimètres de neige et il en tombe comme jamais. On vat faire du skis. Nous avont 3 déserteurs de la nuit dernière. Ils devaient en avoir mare. Plus grand-chose à te conté, je te quitte en tembrassant bien tendrement ainsi que notre petite. Ton Mari qui taime. C. Maréchal Je ny vois pas cler

 

Célestin mourra en février 1916 sans avoir jamais revu son père. Sa veuve se verra ensuite contestée sa succession avec la sœur ainée qui avait semble-t-il convaincu le père de lui consentir la donation de l'intégralité de sa propriété de maraîcher. À Bourg-en-Bresse.

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