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W comme Wagon (et autres histoires ferroviaires)

27/06/2016

 

L'installation du chemin de fer a changé la vie de nos ancêtres. Il est pourtant aujourd'hui bien difficile de s'y retrouver dans cette grande mutation : multiples compagnies d'exploitation, voies métriques et autres voies, projets de tracés et tracés mis en service… On trouve de multiples éléments épars (des articles savants à la promotion des tracés de véloroutes en passant par les billets des passionnés de matériel roulant) et des archives conséquentes (le seul inventaire des documents relatifs aux chemins de fer dans les archives de la Loire compte une centaine de pages, autant que l'inventaire consacré aux mines !) mais rien, à ma connaissance, qui permette de retracer l'ensemble de cette fantastique aventure qui a laissé d'immenses ouvrages d'art désaffecté dans notre paysage.

 

Pour celui qui veut raconter l'histoire des familles, c'est pourtant l'apparition dans les registres d'émigrants temporaires et de métiers nouveaux, d'acquisitions de terrains et de modification de l'ancien bati, de possibilités nouvelles de commerce et de déplacements.

 

Pour la ville de Noirétable où le neveu de mon arrière-arrière-grand-père ludivic paul Brière ouvrit un hotel (Le Tourist) et la tante par alliance de mon arrière arrière grand-mère Marie Carton vendit une parcelle à l'occasion de l'arrivée du train, j'emprunte à Paul Chatelain son récit des conséquences de la gare PLM sur la ligne St Etienne-Clermont Ferand (en ligne que le site de la ville de noirétable dans une très mauvaise photocopie http://www.noiretable.fr/histoire.aspx)

« La gare du PLM : Noirétable « station climatique »

C'est la gare inaugurée en 1876 qui va relancer le bourg. Sa population augmente d'abord le temps du chantier : 250 habitants de plus en 1876, par rapport au recensement de 1872, qui seront reperdus en 1881. Arrivent alors des mineurs, des trancheurs de pierre, des piqueurs et des poseurs de rail sous la direction de conducteurs de travaux et de dessinateurs du PLM. Des étrangers au pays qui , pour la plupart, viennent de Haute Loire et d'Ardèche. Le bourg approche des 900 habitants en 1911 (876, puis 815 en 1921) pour dépasser les 1000 en 1962.

La gare du PLM est importante  avec ses quais couverts et découverts pour les marchandises, son pont tournant et son hangar pour les locomotives et sa grue de 6 tonnes ;

Le rail mer Noirétable à 3 heures de St Etienne, à 2 heures de Clermont-Ferrand (horaires 1897) quand il fallait compter 14 heures en 1852 pour le trajet Clermont-ferrand Montbrison St Etienne.

Le trafic est à la hauteur des projets. En 1953, à la fin des belles années des petites lignes, la gare délivre 12000 billets par an et expédie 3700 tonnes de bois, non compris les chargements de caisse pour le lait Mont Blanc, les eaux de St Yorre et le chocolat Meunier de St Etienne. On y fait alors le groupage des airelles expédiées par « wagons glacés » à Vichy et on envisage d'y faire transiter le minerai d'uranium de La prugne à destination du Bouchet.

Un autre quartier se développe sur l'axe de la rue de la gare avec ses villas, ses cafés (Paul Brière en 1909) ses hôtels du chemin de fer et de la gare (le premier train part à 5h45, le dernier arrive à 23h10), sa bascule, ses dépôts de vins de bois, de produits pour l'agriculture- dont les barbelés de verdun après la guerre de 14-18- ou la nouvelle école (en 1907). Alors qu'il y a en moyenne 5 à 7 constructions nouvelles chaque année, le bourg s'allonge aussi route de Lyon où l'industriel Aguiraud crée une grande exploitation de scierie mécanique en 1909.

Cette embellie de l'hostellerie et du commerce est favorisée par l'ouverture du pays au tourisme estival et l'inscription de Noirétable sur l'annuaire des centres climatiques et de thermalisme des compagnies de chemin de fer pour obtenir de la publicité et des facilités tarifaires. Quel label pour la commune classée au même titre que Vichy, Deauville, Biarritz ou Chamonix ! La promotion du tourisme attire une clientèle estivale. La chambre d'industrie climatique dénombre 674 clients ayant acquitté la taxe de séjour pour la saison 1932, d'après les registres des hôtels (Le Tourist, Couzon, Paret, Bayol, Mazioux), des « cafés logeurs «  (Daval, Gayte, Duboisset), des pensions de famille (Massacrié, L'Ermitage) et des 16 particuliers « propriétaires-logeurs » d'appartements et de meublés. »


 

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