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Vivre ensemble d'Emilie Frèche : un livre toxique de haine pure

 

J'ai acheté Vivre ensemble d'Emilie Frèche  pour me faire une idée personnelle face à la polémique (largement relayée) autour de ce roman et le confronter à ma propre expérience d'accueil des enfants de l'autre dans une famille recomposée.
Après lecture (rapide, le style baclé n'en mérite pas plus), le dégoût le partage à la colère :
- dégoût immédiat face au manque d'empathie de cette Deborah, mère "accueillante" face à un enfant de dix ans (Salomon) qui vient troubler son tête-à-tête avec l'enfant parfait (Léo) dont elle a elle-même enfanté ;
- dégoût face à l'habileté du montage et du parallèle entre violence terroriste (attentats de 2015), violence étatique et sociétale (jungle de Calais) et violence intrafamiliale ;

- dégoût de cette nouvelle culture de l'amalgame qui fait l'économie d'une culture de la complexité ;
- dégoût face au règlement de compte public entre ex-conjoints (Pierre a eu Salomon avec MdS, Deborah a fait Léo avec Driss; Pierre et Deborah vivent désormais ensemble) qui sert la publicité du livre avec la même délicatesse que la lettre anonyme d'un corbeau ;

- dégoût face à ce couple incapable de faire cohabiter deux enfants  et rêvant d'en faire un autre... Ensemble, bien sûr !
- colère d'avoir payé 18,50 € pour enrichir une bobo qui trouve qu'un appartement à 2600 € mensuel est dans ses moyens ;
- colère contre ce livre de haine pure et de mépris abject : haine de l'enfant de l'autre, haine de l'autre (MdS et parents d'MdS), haine de tous (à part la merveilleuse famille de Deborah qui se retrouve à Villefranche-sur-mer dans la maison familiale où les étés de l'entre-soi étaient si doux, son exceptionnel mari qu'elle a quitté et son divin enfant );
- colère contre ce livre qui légitime tous les comportements de rejet, d'absence d'empathie, d'imagination perverse, d'accusation de l'autre sans aucun regard réflexif sur ses propres excès et son manque de créativité... en s'en remettant aux psychiatres pour réparer le monde ;
- colère parce que de tels comportements répugnants et toxiques se développent dans la société et dans les familles perpétuant la haine et le rejet du différent ;
- colère contre l'éditeur et les média (Elle) qui relaient et légitiment la polémique et la défiance face aux enfants de l'autre dans les familles recomposées et moquent le vivre-ensemble.
Deborah est aussi folle que MdS et ce Salomon, l'enfant terrible, est le seul être attachant du livre avec ses bizarreries et sa violence. Je plainds Léo, Driss et Pierre d'avoir une telle mère et compagne.

Emilie Frèche est peut-être une auteure en vogue mais je ne voudrais pas l'avoir pour belle-mère.

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October 14, 2019

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