• Danièle Godard-Livet

Les maires de Lissieu de la Révolution à 1940

Mis à jour : mars 18


A Lissieu, on parle toujours des maires-châtelains dont on fait grand cas, jamais des autres qui ont administré la commune depuis 1789 et pendant de nombreuses années. J'ai voulu savoir à travers les actes d'état civil de Lissieu qui étaient ces maires dont on ne sait rien, quelle était leur famille, leur profession, leurs relations. Pour compléter le sujet il faut aussi se reporter à l'histoire des modes de scrutins municipaux et aux modalités de désignation des maires. https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_maires_de_France

Les trois maires de la Révolution, sortis du peuple mais notables

C'est un Ferlat le premier maire de Lissieu : Alexandre ferlat (1730-1804 époux de Madeleine Chareyzieu), maire de 1792 à sa mort en l'an XI, un Ferlat dont la famille est alliée avec les Voisin, les Voisin qui ont une chapelle à eux dans l'église de Lissieu, les Voisin qui sont fermiers du seigneur de Lissieu, le sieur Lambert (François Voisin, l'époux de sa tante), les Voisins une vielle famille de Lissieu.

Alexandre Ferlat est aussi une personnalité à Lissieu, il a d'abord été aubergiste à Montfort puis greffier, puis procureur fiscal. Il a participé aux états généraux.

Etienne Rivoire(1764-1834, époux de Louise Vernay) qui lui fait suite de 1804 à 1808 a une impressionnante signature, mais rien de la personnalité de son prédécesseur qui est pour lui une sorte de protecteur comme parrain d'abord, témoin de mariage ensuite. Fils d'un maître ouvrier en soie propriétaire à Lissieu à "la guerre", il est né à Lissieu. Son grand-père, maître forgeur, huissier, greffier de Lyon était déjà propriétaire à Lissieu. En 1789, il épouse la nièce du curé de Lissieu Truchard qui vit à Lissieu depuis la mort de sa mère. Il apprécie sans doute beaucoup la fonction et, même lorsqu'il ne sera plus maire, fera fonction d'adjoint ou d'officier public tant qu'il le pourra (c'est même la profession d'adjoint qui est indiquée dans les tables de succession).

Avec Benoit Voisin (1766-1838, époux de Marie Jeanne Magnin), c'est à nouveau la famille Voisin qui prend les rennes de Lissieu de 1808 à 1821 (avec un court entracte occupé par Jean Pinet (1764-1832, époux de Jeanne Marie Pinet) maire de mai à novembre 1815 pendant les cent jours où Napoléon tente de reprendre le pouvoir avant Waterloo).

Benoit réside chez M. TOLOZAN. C'est le petit fils de François Voisin, le fermier de M. Lambert seigneur de Lissieu et le petit neveu d'Alexandre Ferlat.

Le maire de la restauration, nouvel arrivant à Lissieu, fils de marchands

Jean Duchamp (1783-1850, époux de Lucrèce Marcel) est le maire de la restauration, un homme neuf pour Lissieu. Rien dans son ascendance ne le rattache aux vieilles familles de cultivateurs de Lissieu : par sa mère, il est fils d'une famille de marchands de Theizé, les Ajacques et par son père rattaché aux Duchamp de Marcilly d'Azergues, marchands eux aussi; de plus son épouse est originaire de Chasselay, fille d'un géomètre arpenteur.

Il sera maire de 1821 à 1826 avant de laisser la place pour de longues années aux propriétaires de châteaux, industriels enrichis et anoblis, résidents secondaires à Lissieu (Guyot de lIssieu, Durozier, Tourret, Fleurdeliys, de Charrin). En 1848 et 1849, il mariera ses filles à un Pinet et à un Napoly.

Sa soeur, Marie Anne a épousé un cousin issu de germain des Duchamp de Marcilly. Ils sont à l'origine de tous les Duchamp de Lissieu (à l'exception d'un couple de Duchamp venus de Quincié à la même époque qu'eux).

Les châtelains royalistes, maires de 1826 à 1859

Guyot de lIssieu, Durozier, Tourret, Fleurdeliys, de Charrin).

Le maire du second empire triomphant

André Thibaud (1815-1886, époux de Madeleine Gourd) qui assure un intermède de 10 ans (de 1859 à 1870, en plein second empire triomphant) avant que les propriétaires de châteaux (Perrin et Chavanis) ne reprennent la mairie de Lissieu, est difficile à situer. Aucun André Thibaud, lissilois d'origine, ne correspond quant aux dates.

Est-ce bien l'André Thibaud, fils de Jeanne Gourd épouse Thibaud en 1813, mari de Madeleine Gourd (épousée aux Chères en 1836) et quels liens a-t-il avec les Gourd-Gavinet qui rachetèrent un temps (de 1829 à 1837) le château de la roue et s'y ruinèrent ? Je n'arrive pas à en avoir de certitude mais la tombe Clément-Thibaud qui abrite sa dépouille est la plus imposante de tout le cimetière de Lissieu; un véritable mausolée ! Il a marié sa fille à un entrepreneur Pierre Clément, sans doute bâtisseur du monument funéraire et correspondrait bien à l'esprit conquérant de l'époque.Un maire parfait pour le second empire. A sa mort en 1886, il laisse à sa fille unique des meubles et immeubles aux Chères.

Les châtelains républicains, maires de 1870 à 1881

Perrin

Chavanis

Les quatre maires de la troisième république.

Philibert Briard (1836-1911, époux de Jeanne Duchamp) sera maire de 1881 à 1884. La troisième république a rétabli le suffrage universel masculin et la parole aux lissilois. Philibert a des grands oncles Jean et Etienne Briard vignerons à Lissieu, mais il est né aux Chères et a vécu à Chasselay. Il se rattache par sa mère Marguerite Voisin aux anciennes familles Voisin, Ferlat et Duchamp dont des membres ont tenu la mairie mais cela remonte à 3 générations. Le renouvellement dans la continuité !

Laurent Charité (1841-1913, époux de Marie Pierrette Chanel) maire de 1884 à 1892, les temps ont vraiment changé : la loi du 5 avril 1884 consacre le principe de l'élection du conseil municipal au suffrage universel masculin (tous les 4 ans jusqu'en 1929) et le principe de l'élection du maire et de ses adjoints par le conseil municipal.

Avec Laurent Charité, ce sont les petits propriétaires qui accèdent à la fonction de maire. Son arrière grand-père Jean a quitté Yssingeaux pour devenir jardinier chez Mr de Valière dans le beaujolais, son grand-père Laurent a été jardinier de Mr Mermier seigneur de Lissieu (après que M. Lambert lui a vendu son domaine), son père Antoine a sans doute agrandi la petite propriété acquise au fil des ans à Lissieu, mais la famille est grande et tous ne restent pas à la terre ni à Lissieu.Laurent Charité et son épouse Marie Pierrette Chanel n'auront qu'une fille qui épousera un Napoly.

Jean Claude Duchamp (1848-1930, époux de Catherine Chatanay puis Claudine Ferlat) sera maire 1892 à 1919. C'est un cousin germain de Laurent Charité; son ascendance lissiloise est cependant plus ancienne par les Duchamp. Jean Duchamp, le maire de la restauration est son oncle de 3eme génération. Sa première épouse descend des Thibaud du Bois Dieu, granger des demoisselles Trollier dans les années 1815.

Antoine Thibaud (1887-1961 célibataire ?) né et mort à Lissieu sera maire de 1930 à 1940, après que la mairie a été une fois encore confiée à un propriétaire de château de 1919 à 1930 (Henry Chavanis fils d'Amédée).

Antoine Thibaud a fait la grande Guerre de bout en bout de 1914 à 1919 (classe 1907 matricule 1051). Antoine Thibaud n'a pas de parenté avec le maire du second empire André Thibaud, en revanche Antoine thibaud est un petit-fils de Philibert Briard.

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