• Danièle Godard-Livet

A la recherche du sublime à Givors




Léonie Pondevie, projet de cinéma, friche et cheminée
photo DGL(avec effacement rapide d'un poteau génant)

Léonie Pondevie est en résidence de création pour deux mois à Givors, lauréate de l'appel d'offre "résidence 5 étoiles" de Stimultania. C'est une jolie brunette de vingt quatre ans, en tenue de marcheuse mais discrètement maquillée, qui m' accueille sur la place de la mairie de Givors où elle m' a donné rendez-vous.

Dès sa première semaine de résidence elle a arpenté la ville en tous sens, rencontré des habitants, repéré tous les lieux d'un patrimoine disparu et s'avère être une parfaite guide pour me faire découvrir la ville.

De la cité des étoiles adossée aux ruines du vieux château, vers le Rhône, l'embouchure du Gier, le port pétrolier, le canal du Gier disparu sous l'A47, le grand bassin où s'organisait les joutes et dont il ne reste presque plus rien, l'ancienne verrerie dont ne demeure que la cheminée emblématique et ce qu'il reste des établissements de de Fives Lille.

Les friches industrielles occupent encore une grande partie de l'espace et sont petit à petit remplacées par des activités commerciales et de loisir : nous n'avons pas poussé jusqu'à Carrefour, mais nous avons traversé la cité de l'automobile qui a repris une partie des terrains vagues laissés par les usines disparues ; un cinéma est en projet (7 salles, 1200 fauteuils ) et une jolie promenade au bord du Gier où les fleurs de printemps pointent leur nez vient d'être ouverte. Au retour, les rues de la vieille ville sont bien mornes avec leurs immeubles inoccupés et leurs commerces fermés ( pas seulement à cause de la Covid).

montage à partir de Google Maps
notre parcours dans Givors

Nous n'avons vu qu'un petit morceau de la ville qui malgré le temps gris m'a paru attachante. Il y a de l'espace à Givors, on voit le ciel de partout, et si le trafic n'était pas si dense et bruyant, on ne verrait que les collines champêtres qui entourent la ville, les eaux du Rhône et du Gier et on entendrait partout des chants d'oiseaux.

photo DGL
la résidence des étoiles depuis le château

Bien sûr, j'ai cherché à "refaire" les photos de l'atlas des régions naturelles d'Eric Tabuchi (c'est comme ça qu'on apprend !) : la cheminée de l'ancienne verrerie et les tapis qu'on voit un peu partout aux balcons ou sur les barrières. On cherche où se placer en prenant comme point de repère le bâtiment orange (qui est celui des archives). il faut monter sur un petit remblai de cailloux. Je n'ai pas envie de cadrer la cheminée comme Eric Tabuchi car je suis encore pleine des lectures de Gilles Clément et que cette friche m'inspire.Léonie me parle focale et stitching, et j'essaie dès mon retour.


un tapie saérant sur une clôture, ARN
photo Eric Tabuchi



un tapis rouge s"aérant sur un balcon
photo DGL


la cheminée de la verrerie ARN
photo Eric Tabuchi

la cheminée de la verrerie et le friche
photo et stitching DGL


Léonie Pondevie a soutenu son mémoire de Master2 aux Beaux Arts de Lorient en février 2020 et regrette de n'avoir pas pu accrocher ses réalisations pour cause de confinement. Elle appartient au collectif nouveau document et j'attends avec impatience sa vision de Givors. Je n'ai pas complètement compris ce qu'elle entend par "sublime" bien que je me sois renseignée en rentrant. voir ici.

Une rencontre, c'est toujours une prise de risque et je suis pleinement satisfaite de cette rencontre, j'espère que Léonie aussi et merci à elle d'avoir joué le jeu. Léonie a un projet, une vision, mais elle se laisse bousculer par le réel, elle est travailleuse et efficace. Je suis sûre qu'elle débute une carrière prometteuse et j'ai très envie de retourner à Givors.

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