• Danièle Godard-Livet

Apprendre des photos d' Eric Tabuchi et Nelly Monnier (ARN)


pont entre Senlis et ...
Photo eric Tabuchi dans un post facebook
"Ce plan - magnifiquement filmé par le chef opérateur Raoul Coutard - ou plutôt l’image que j’en ai gardé, au même titre que la pochette du disque des Who, "Who’s Next" - m’a longtemps poursuivi. Son dépouillement, l’alternative qu’elle proposait à la saturation de l’espace urbain, la possibilité d’un ailleurs hors de la ville, la simplicité du cadrage, tout ça m’a marqué au point de constituer, je m’en suis rendu compte bien après, la matrice de mes images. Un sol avec, posé dessus, une construction. Rien de plus, ou du moins, le moins de plus possible. Telle fut très tôt dans l’élaboration de ma pratique, la formule pour laquelle j’allais opter." Eric Tabuchi

Je ne sais ce qui me plaît le plus dans la pratique d'Eric Tabuchi et Nelly Monnier : les cadrages dépouillés ou le fait d'aller inlassablement à la recherche des images, en furetant partout et/ou en cherchant des images qu'on a dans la tête. Les deux sans doute !

J'aime pratiquer la photo... pour mieux regarder (les oeuvres et le réel). Modestement, avec un hybride Olympus qui n'est même pas plein format, sans pied, ni déclencheur, no lightroom, ni recadrage.


pochette Who's next

plan du film de JLGodard

Il y a souvent trop de choses dans les images, trop d'objet, trop de couleurs. Je m'entraîne à ce dépouillement, mais c'est loin d'être simple. C'est le cadrage qui fait la photo, mais choisir la bonne focale, être à la bonne distance, sortir du cadre ce qui brouille l'image, revenir au bon moment pour avoir la bonne lumière, c'est tout le problème. Je m'entraîne sur une maison que j'ai vue bâtir cette année dans ma petite ville. J'ai fait encore plusieurs essais et j'ai finalement choisi celle-ci :


Lissieu, maison 2020
photo DGL

Les différents gris des revêtements s'harmonisent bien sans cacher que chacun est daté, la plante (déjà moribonde) prend un peu la lumière, les touches de couleur de l'alarme de sécurité, du couvercle de la poubelle et des maisons voisines sont plus intéressantes que la voiture (qui y était la veille) mais ne dispersent pas le regard.


Mais comment faire percevoir aussi que cette maison de 2020 m'attire parce que c'est celle du fils et qu'elle tourne le dos à celle de ses parents (et ancêtres) juste en face daté de 1836. Comment ? Si ce n'est par un vis-à-vis et un texte ... qui explique que les temps changent !

photo DGL

Je suis malheureuse comme Raymond Depardon de ne pas saisir aussi le hors-champ et c'est pour ça que j'écris.

"Le hors-champ est ce qui manque dans la photographie ; c'est cette absence que je lui reproche. Le cadre c'est le champ. C'est-à-dire que c'est le contraire du hors-champ. A travers le cadre on sélectionne. On a un parti-pris. On coupe. On ne montre pas, on sélectionne, on tue, on mord. On enferme une image, on donne à voir quelque chose et pas le reste." Raymond Depardon
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