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Des filles défenseures de la ruralité et en lutte contre les idées haineuses de l'extrème droite

  • Photo du rédacteur: Danièle Godard-Livet
    Danièle Godard-Livet
  • il y a 9 minutes
  • 3 min de lecture

C'est ma découverte de l'été, des filles grandies à la campagne qui ont décidé de faire leur métier de la défense de la ruralité. Depuis, je les suis sur Instagram.


Camille Bordenet est journaliste, je l'ai connue par son article paru dans Le Monde sur les élections municipales de Dieulefit. J'ai ensuite lu son roman "Sous leurs pas, les années".

Lumir Lapray est activiste. Je l'ai connu par sa présence à 28 minutes un jour où elle expliquait ses séjours aux Etats Unis et son admiration pour Barak Obama. J'ai ensuite lu son livre "ces gens-là Plongée dans une France qui pourrait tout faire basculer".

Salomé Berlioux est plus institutionnelle, à la tête de Rura, association dédiée à la jeunesse rurale. Son livre "Celle qui part raconter les territoires" m'avait attiré l'oeil chez la petite librairie d'Anse. C'est une collection de petites nouvelles qui racontent la campagne et les gens qui y vivent.


Pourquoi la campagne aujourd'hui devient-elle sujet d'interrogations ? Les territoires, la ruralité, la France périphérique comme on dit aussi. Ces gens qui sont loin de tout, qui ne peuvent vivre sans voiture et s'alarment des hausses du prix des carburants et des limitations de vitesse, qui sont-ils se demande-t-on depuis les manifestations des gilets jaunes en 2019 ? Et surtout pourquoi votent-ils RN à 50% voire plus ?


Les plus psychologisants disent que le ressentiment face au mépris politique, économique et culturel des élites pour la France des beaufs.

Les statisticiens sont formels (Jérôme Fourquet), il n'y a pas tant un vote urbain et un vote rural « Lorsqu’on compare vote rural et vote urbain à niveau de diplôme et tranche d’âge identique, on n’observe pratiquement plus de différence. » l'absence de diplôme est le facteur le plus explicatif du vote RN.

Des analystes plus fins, plus sociologiques, plus empathiques comme Benoît Coquard (chercheur à l'Inrae) ou Violaine Girard (chercheure à l'ENS)*essaient d'affiner la compréhension de ces gens-là, ceux qui restent, ceux qui font leur vie dans une campagne en déclin, ceux qui ne partent pas pour paraphraser les dénominations de ces populations et d'imaginer des raisons de poursuivre avec eux le débat alors qu'ils revendiquent eux-même leurs raisons de voter RN « Immigration, Pauvreté et Insécurité » (IPI), qui regroupe les principales motivations du vote.

Je me sens proche de ces défenseures de la ruralité car moi aussi j'ai grandi à la campagne dans une petite ville, moi aussi j'ai fait mes études secondaires en étant interne dans un lycée de la ville, moi aussi j'ai laissé derrière moi des copains et des copines d'enfance qui ont vécu d'autres vies que la mienne. ça me parle ce fossé entre ville et campagne et c'est un enjeu pour notre démocratie. ça me parle ces filles qui ont le courage d'aller au-delà des apparences des anti-immigrés, anti-cassos, amis de l'entre-soi sécuritaire (et pas mal masculiniste).


Il y en a beaucoup d'autres : Camille Etienne, Emma Conquet... et bien sûr Salomé Saqué dont le livre "résister" connaît un grand succès


Ne banalisons pas le danger, écoutons ces défenseures de la ruralité qui osent dire tout haut qu'il y a du racisme**ou de la xenophobie *** dans les prises de position de cette soi-disant conscience rurale, qu'il y a du mépris pour l'esprit critique et les informations vérifiées, qu'il y a du défaitisme à accepter tous ces faits qui nous indignent.

Résistons comme l'écrit Salomé Saqué (elle aussi journaliste, grandie dans un petit village d'Ardèche, interne dans le secondaire). s'informer, s'engager dans le débat public, s'indigner, expliquer autour de nous pour lutter contre l'extrème-droite.




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