• Danièle Godard-Livet

Isolement -Jour 12



je reste à la maison

A force de surfer à plein temps, je sais tout de la vie du docteur Didier Raoult, de ses relations (mauvaises) avec le mari de Mme Buzyn et de son extraordinaire productivité scientifique, mais toujours peu de choses sur les patients sans symptômes et leur futur ou l'intérêt des masques bricolés. Je reste chez moi.

Il y a plein de choses à faire chez soi, sans parler des multiples concours et autres défis qui fleurissent sur les réseaux :

  • suivre les photographes de Magnum un peu partout dans le monde qui racontent leur confinement (sur instagram)

  • entrer dans le groupe "j'accueille un camping-cariste chez Moi" (sur Facebook) et découvrir le quotidien de tous ces camping-caristes (piégés ou volontaires)

  • faire des hypothèses sur le monde d'après comme Titiou sur Slate :

A. Vous pensez que rien ne va vraiment changer. La vie va reprendre pour le pire et le meilleur. Votre chanson des Beatles est «Nothing's gonna change my world».

B. Pour vous, la crise actuelle se couple avec la crise écologique et va nous forcer à pratiquer une forme de démondialisation, à nous recentrer à l'échelle du pays. Mais on ignore encore si ce sera avec Nicolas Hulot ou Marine Le Pen. Votre chanson des Beatles est «Strawberry fields forever».  

C. Vous êtes survivaliste. Pour vous, ce confinement n'a été qu'un exercice qui vous a permis de vous mettre en situation pour identifier vos points faibles. Une sorte de répétition pour être fin prêt·e le jour de la Grande Catastrophe. Votre chanson des Beatles est «Dear Prudence». 

D. Que vous le craignez ou que vous le désiriez, vous pensez que le plus net changement qu'entraînera cette crise, c'est l'acceptation d'une société de surveillance numérique –qu'elle soit dirigée par l'État ou/et/en collaboration avec de grandes entreprises privées.  Votre chanson des Beatles est «Everybody's got something to hide except me and my monkey».

E. Foin de discussion, ce qui nous attend c'est une sacrée crise économique. (Partant de là, vous pouvez bien sûr aussi bien penser que le système finit toujours par se réparer et continuer, ou qu'on va aboutir à un changement radical de paradigme.) Votre chanson des Beatles est «Taxman». 

F. Nous assistons aux derniers soubresauts d'une société et d'un système agonisants. La crise écologique était déjà en train de le déstabiliser, la crise sanitaire aura sa peau.  Votre chanson des Beatles est «Revolution». 

G. J'en ai ras-le-cul. Je ne sais pas ce qu'il va se passer à part que je vais finir par me taper la tête contre les murs parce que j'en peux plus de ce putain de confinement. Votre chanson des Beatles est «Help!».

56 vues

Tous droits réservés Danièle Godard-Livet 2018

danielegodardlivet@gmail.com