• Danièle Godard-Livet

Le camping-car et le sens du voyage


ce n'est pas Napoléon mais Superman
sur le ferry, au départ de l'île d'Elbe

On dit que le camping-car c'est la liberté, la liberté de profiter du monde dans une petite maison roulante tout équipée, la liberté de ne rien réserver et de ne jamais chercher ni hôtel ni restaurant. Est-ce bien vrai ?

D'abord, il y a le temps qu'il fait ou qu'il fera là où vous prétendez vous transporter. Partis pour la Galice, nous avons fait route vers la Toscane. C'est mieux que de passer 15 jours sous la pluie et la tempête dans une chambre d'hôtel à La Corogne, mais cela fait de la route quand vous partez de Bordeaux.

La route justement, la route et les camions, la route et les tunnels de la côte française comme de la côte italienne. Combien de tunnels de Marseille à Follonica ? Je n'ai pas compté, mais beaucoup, des viaducs aussi. Avec le vent en prime depuis Gruissan. Et des travaux, des travaux, l'autoroute à voie unique pendant des kilomètres.

Après il y a le parking : certaines villes sont douces aux camping-caristes comme Gruissan (trois aires de camping-car en centre-ville) ou Arles (sur les quais du Rhône avec juste le pont à traverser), d'autres le sont moins. L'Italie heureusement est amie des camping-cars, y compris en ouvrant en hiver les barres de hauteur qui bloquent certains parkings.

Enfin, il y a le projet : camping-car nature ou camping-car culture ? J'aime me réveiller au bord de la mer ou auprès d'une abbaye en ruine perdue dans la montagne, y rester, en faire le tour, m'en imprégner et découvrir peut-être une petite merveille bien cachée et peu connue ; d'autres aiment le pittoresque, les routes vertes du guide , les musées, les monuments, les gestes architecturaux. J'aime apprendre à cuisiner ce que l'on trouve sur les marchés, me le faire expliquer et l'essayer avec mes petites compétences culinaires (+ internet); d'autres préfèrent le restaurant. J'aime les paysages sauvages, les espaces cultivés domestiqués, botaniser et comprendre les aménagements, leur histoire, leur déclin, leur remplacement par d'autres pratiques ; d'autres n'en voient pas l'intérêt. J'aime rencontrer au coin d'un chemin quelqu'un qui va m'en dire plus, me raconter des choses sur l'endroit où il(elle) vit et puis poursuivre ses activités ; d'autres préfèrent être accueillis en touristes avec de l'attention et des sourires.

Il y a aussi (à nos âges) le camping-car pèlerinage. Revoir les endroits où des souvenirs sont encore vivaces de ce que nous fumes jeunes. J'aime retourner dans des lieux découverts par hasard lors de précédents voyages. All avamposto sul grande fiume reste une étape à chaque voyage en Italie ! Ce petit restaurant au bord du Pô imaginé grâce au nom d'un village Arena Po lu sur la carte. Le pèlerinage est une option que je prise peu ; comme le monde a changé en quarante ou cinquante ans ! Comment espérer retrouver la petite plage si tranquille et si belle de nos vingt ans , autant découvrir d'autres lieux moins prisés, plus secrets et nouveaux.

Parfois les projets des uns et des autres peuvent concorder, d'autres fois c'est impossible : à Gruissan, on peut visiter le quartier des chalets, parler de 37,2 le matin; à Arles, on peut visiter le LUMA qui vient d'ouvrir (mais les chiens ne sont pas admis aux jardins des Alyscamps) et s'installer au bord du skatepark (avec son chien cette fois) ; à Fiesole par contre, vous n'aurez qu'une vue (splendide) sur les beautés de Florence avant de trouver un parking de bord de route pas trop en pente.

Trois belles rencontres m'ont suffi pour faire de ce voyage un très beau voyage : la dame qui me parle de la bonification de la maremme de l'époque des grands ducs de Toscane et me montre le moulin et les canaux qui servent désormais d'abri à un club de plongée; le vendeur qui m' explique sur le marché comment préparer les artichauts nouveaux, la gestionnaire de la station d'essence à la sortie de Turin qui me propose un chianti soldé (et remarquable) et un gâteau de Pacques en me questionnant sur les élections en France (dont je n'ai pas pu lui dire grand chose)

Quatre paysages pour mes souvenirs : celui du golfe de Baratti avec ses promontoires un peu vertigineux parcourus à pied, la silhouette de l'abbaye abandonnée de San Galgano, le paysage de vignes et de fèves près de Sienne, la ville de Castellina in Chianti où Léo Ferré a passé les vingt dernières années de sa vie.

C'est souvent au retour de voyage que j'essaie d'en apprendre plus sur telle ou telle découverte...sans grand succès cette fois sur la mise en valeur de la Maremme, celle du grand-duc de Toscane Léopold II, puis celle des années 30. Une thèse* en tchèque et la réhabilitation en maison d'exception d'un podere (petite maison attribuée aux volontaires pauvres de toute l'Italie pour mettre en valeur les 50 acres qui leur étaient attribuées), je n'ai rien trouvé d'autre sur Internet. J'ai vérifié aussi au retour que c'est de PortoVenere que parle George Sand dans Elle et lui et non de Portofino !

Il y a aussi des journées vides en camping-car, des parkings au milieu d'une cité-dortoir, des recherches fastidieuses d'un magasin d'alimentation ou d'une station d'essence, des routes de montagne interminables à force de tournants et sans garage possible...

Je ne sais pas si le camping-car c'est la liberté, mais c'est certainement un questionnement sur le sens du voyage, ce qu'on y cherche et ce qu'on y trouve.


*La thèse se concentre sur le règne du Grand Duc de Toscane, Léopold II, et sa relation avec la Maremme et sa bonification. Au cours des trente années de son règne, il est parvenu à transformer les zones les plus arriérées de son pays de manière très fondamentale. Et ce, bien que sa position ait été rendue plus difficile par les changements politiques survenus pendant les années révolutionnaires de 1847 à 1849 et que son règne ait finalement pris fin avec l'unification de l'Italie et l'incorporation de la Toscane dans le nouveau Royaume d'Italie, qui était l'objectif du renouveau national italien. Dans cet ouvrage qui, outre une brève biographie de Léopold II, traite également de ses politiques visant au développement global de la Toscane, il était impossible d'omettre les récits de vie et, surtout, les principales œuvres de ses trois plus proches collaborateurs - des personnages qui ont eu une influence majeure sur la mise en œuvre des travaux de bonification - Vittorio Fossombroni, Gaetano Giorgini et Alessandro Manetti. La thèse est consacrée au déroulement des travaux de bonification actuels en Maremma, à leur organisation et aux résultats obtenus. Une partie de la bonification globale prévue par Léopold II était la construction d'un réseau routier, dont les nombreux ponts sur les canaux et les cours d'eau réglementés étaient une partie nécessaire. Il faut également s'attaquer aux problèmes de santé dans la région, notamment le paludisme, dont on cherche encore les causes, le mode de transmission et les traitements les plus efficaces. Une dernière question liée à l'ensemble...

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