• Danièle Godard-Livet

Le prix de vente des arbres coupés entre-t-il dans le calcul du préjudice écologique ?


Le préjudice écologique et le prix de sa réparation m'occupent en ce moment et tout ce que je peux lire me semble bien insuffisant.


Le paysage est un bien non marchand, il existe pourtant importante littérature économique qui s'efforce d'évaluer le prix des aménités environnementales et paysagères en reconnaissant la difficulté de l'entreprise.

Dans le trade off entre le coût de transport, le coût foncier et la valeur des aménités et des nuisances, qui explique le choix d’une localisation résidentielle, le rôle des variables environnementales, paysagères en particulier, est difficile à évaluer. in Le prix des paysages périurbains Economie rurale 2007

L'écosystème d'une chênaie bicentenaire comment peut-on l'évaluer ? Quel prix a-t-il ?


Et les bénéfices collectifs que l'homme tire de l'environnement, comment leur donner un prix ? loisir, santé, mémoire comment peut-on chiffrer toutes ces dimensions inhérentes à notre vie et à celle de nos enfants et petits-enfants ?


Toutes ces questions sont nouvelles et passionnantes. Elles dépassent largement les droits qui s'attachent à la propriété privée d'un territoire. Pourtant la propriété privée d'un territoire et la vente des arbres qui s'y trouvent donne lieu à une transaction financière bien réelle qui ne reviendra pas à la collectivité mais au propriétaire. Sans esprit de polémique, il est utile à mon avis de réfléchir à ces dimensions nouvelles du calcul du préjudice écologique pour limiter les appétits de gestion extractive de la nature.


J'ai tenu à illustrer ce post d'une photo de Jessica Buczek, une photographe qui habite près de chez nous et connaît très bien qu'elle prend plaisir à photographier. Elle organise aussi des randonnées dans le massif du Pilat pour faire connaître et admirer la biodiversité. Ayant des attaches familiales en Pologne, elle a beaucoup photographié la forêt de Bialowieza, une des dernières forêts primaires d' Europe dont la perte serait irréparable.


Pour une vraie transition écologique, ce sont des réflexions de ce type qu'il conviendra d'avoir. Pas question de se contenter d'apprendre à faire son compost ou de participer à une journée annuelle de ramassage des déchets plastiques dans les fourrés.

Il y a des élections le 20 juin. Une bonne occasion d'exprimer votre avis !


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