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  • Photo du rédacteurDanièle Godard-Livet

Lissieu, du village en autarcie à la petite ville qui se cherche désespérément un centre


Le temps de l'autarcie


Dans un village agricole, rares sont les tâches qui ne sont pas réalisées dans les ménages (par les femmes ou les domestiques). On fait le pain. On fait son vin. On cultive les fruits et les légumes. On élève vaches cochons et poules. Il n'y a que les chaussures et les tissus qu'on ne produit pas, le nécessaire pour les chevaux et les voitures, les barriques et les maisons.


L'animation progressive du bourg

En 1841, on a à Lissieu un aubergiste sur la grande route de Paris et un cabaretier au bourg, deux maréchaux pour ferrer les chevaux, un charron pour refaire les roues des voitures, un foudrier pour faire les bariques, un distillateur, un cordonnier et un tisserand, des tailleurs de pierre et un menuisier.Il faut encore attendre quelques années pour avoir une épicerie, un tailleur et une tailleuse et une repasseuse.


En 1906, on a plusieurs cafetiers, plusieurs épiciers, un boulanger et un charcutier, des lingères, des blanchisseuses, des couturières à façon, un peintre en bâtiment et des maçons. En 1936, une confectionneuse, une corsetière, une couturière, une lingère, mais aussi des gens qui ne sont plus ni agriculteurs, ni artisan. Il reste encore un maréchal ferrand et un charron mais pour peu de temps sans doute.


Ces premiers cafetiers sont des gens du pays. D'André Thibaud en 1841, premier cafetier à André Velay en 1936* c'est la même famille lissiloise qui tient café, auberge et boulangerie à Lissieu. Débitants de boisson et épiciers, la famille Bail (traditionnellement foudrier puis distillateur) tient échoppe jusqu'au début du 20eme siècle. Egalement à partir de 1866 Laurent Berger et Marie rose Josserand puis Benoit Rey et jeanne Marie Fornas dont on voit encore l'enseigne dans ce qui est devenu le café de la mairie. Le couple avait un projet moderne de collection de cartes postales et de pompe à essence, première halte touristique au coeur du village, brutalement interrompu par la mort prématurée de Benoit Rey à 40 ans mais poursuivi par leur fille qui épouse Jean Marie Thibaud, le fils d'un aubergiste des Chères avant d'être repris par un Raitzen né à Paris.

S'il y a incontestablement des traditions familiales qui se transmettent dans ces familles lissiloises, il y a aussi des épiciers qui viennent d'ailleurs à partir du début du 20eme siècle Yvrier(Chasselay), Griffon (Bully), Chambat (Pouilly le Monial), Weinberger (St Etienne).

C'est seulement en 1980 que la municipalité se préoccupe de créer un centre commercial où pourront s'installer, prévoit-on, boucher-charcutier, boulanger-patissier, etc... Ce sont les commerces de la place des Tamaris aujourd'hui. Le centre commercial de Bois-Dieu promis par le promoteur n'a jamais vu le jour.


Les auberges et hôtels, le long des routes passantes, ne profitent pas au bourg


En 1763, le château de Montfort est devenu auberge et Alexandre Ferlat est dit aubergiste à Montfort. Il sera maire de Lissieu à la révolution. L'auberge se déplacera vers la Préférence (qui était alors sur la commune de Chasselay), puis vers Montluzin et il ne restera à Montfort qu'une forge pour les charrons et les maréchaux-ferrants .

Un siècle plus tard, l'auberge sera tenue à Montluzin par le couple Pierre Burnier x Claudine tavernier de 1836 à 1856, puis Claudine devenue veuve avec les Debiesse Jean Claude et Victoire Loup jusqu'en 1866. Le couple Jean Miton2 x Marie Françoise Dudu dont le nom est inscrit sur la façade sera sans doute un aubergiste bien temporaire. .


Dès la création de la déviation de la Chicotière qui évite la côte de Limonest, la nationale 6 "qui a sorti Lissieu de sa torpeur séculaire" a vu se créer deux hôtels 3 au Sémanet pour Lissieu et à la Chicotière pour Dommartin. Les hôteliers nouveaux sont souvent des gens venus d'ailleurs contrairement aux aubergistes de l'ancienne route.

Le personnel de ces établissements comporte toujours des voituriers et garçons d'écurie jusqu'à l'apparition de la voiture automobile où il faudra des garagistes d'une autre nature qui les remplaceront avec les charrons et les ferreurs de chevaux.


Lissieu aura alors son garage à la jonction de la D42 et de la nationale 6 ( juste à côté de ce qui est devenu aujourd'hui local technique de la mairie) tenu par Schneider venu de Suisse, qui remplacera avec sa pompe à essence celle du café Rey.


En 1960, M. Tournebize créera l'hôtel de la réserve en rachetant le château de la roue. L'hôtel se veut un établissement de prestige, une halte idéale sur la route de Paris à la côte d'azur. Il ne résistera pas à l'ouverture de l'autoroute A6 et fermera en 1980 pour être vendu en appartements.


Une ville qui reste sur le côté de la route

Alors que dans le bourg de Chasselay a déjà deux hôtels-restaurants qui attirent les promeneurs même venus de Lyon (ils seront repris en 1892 par la famille Lassausaie) par le train depuis la gare de St Germain au Mont d'or, alors que Limonest vante ses hôtels à la campagne pour Lyonnais venus par le tram, Lissieu ne bénéficie pas des routes et autoroute qui traverse la commune. Elles sont juste cause de graves accidents de la circulation.

Son urbanisation traditionnelle en hameaux dispersés, son énorme lotissement éloigné du centre sans communication facile avec lui, tout concourt à fairede Lissieu le village paisible affectionné des résidents secondaires et désormais des travailleurs mondialisés. Un village du 21eme siècle. où la tranquilité d'un entre-soi repose des fatigues des déplacements professionnels et des voyages lointains pour les vacances et parfois rendre visite aux enfants émigrés vers d'autres cieux.




auberge de montfort et auberge de la préférence 1763 - 1830

café boulanger Thibaud puis Velay à partir de 1841

hôtel du cheval blanc Vericel xDémollière 1866 à 1906

Auberge Mitton 1866

hôtel de la chicotière Déal 1896 à 1906

café-restauranr épicier Griffon 1896-1921

café chambat vers 1900

café Chambat (avec mention de Velay)

café Rey 1900 à 1926

café Rey

Hôtel de la Réserve 1960-1980

centre bourg avant la place des Tamaris 1980




* André Thibaud et Marie Jeanne Damour ouvre un café dès 1841. Il sera repris par deux de leurs enfants : André Thibaud (époux de Marie Mignard) et Marguerite Thibaud (épouse de Jean Velay). André Thibaud retournera à son métier d’agriculteur en restant à Lissieu et ce sera le couple Thibaud-Velay, puis leurs enfants (jean denis velay époux ruitton et andré velay époux Maurin)qui conserveront le café-boulangerie jusqu’en 1936. Selon les années, il est classé en boulanger et en cafetier. Aucun autre café qui aura occupé 4 générations n’aura une telle longévité à Lissieu.


* Jean Mitton né à Amplepuis en 1827 est mort à Paris en 1905. Il n'apparaît qu'en 1866 dans les recensements de Lissieu et encore est-il au Sémanet et non à Montluzin. En le suivant à travers les naissances de ses enfants puis leurs mariages, on le trouve à St Bonnet de Troncy en 1862, à Pontcharra de 1862 à1865, à Lissieu de 1865 à 1866, à Dommartin en 1869, à Lyon en 1872, à Villefranche de 1880 à 1892, à Paris de 1896 à 1905. Toujours dans le métier d'aubergiste, cafetier débitant sans qu'il soit possible de savoir si c'était un brillant entrepreneur ou un homme fuyant devant ses créanciers.


* L'hôtel du cheval Blanc à la chicotière commune de Dommartin sera tenu par le couple Démollièrex Ballandras , puis Véricel x Démollière de 1866 à 1906, repris ensuite par Pierre Cretollier (le grand-père de Jean Corbignot) de 1911 à 1926, puis passé à d'autres maisn (Marcel Armand en 1931, Donjon joannés en 1936. L'hôtel qui deviendra hôtel de la chicotière au sémanet commune de Lissieu sera tenu par Déal ( de 1896 à 1906) démarre en 1872 avec un Antoine Coinde, époux Bouchard. Il passera entre différentes mains (triboulet antoine x Faure Eugénie en 1876), Chermette jean Louisx Bonnet Antoinette en 1881. Gabarge Jean Marie x Marie Dury de 1886 à 1891. De 1911 à 1921 il est entre les mains de Francis Balmont X ... judith, avant d'être repris par Les Crétollier à partir de 1931qui en changent la destination pour se consacrer au transport de marchandises.



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