• Danièle Godard-Livet

Lissieu : les édiles, les bois et le loup


souche "malade" et arbre laissé pour la repousse

Il faut le reconnaître, il n'est pas simple d'être un élu municipal aujourd'hui : connaître les règles dans une multitude de domaines, jongler avec les différents niveaux d'application de ces règles : métropole, département, région et tout cela en respectant des délais contraints. La pandémie et ses règles changeantes n'ont pas facilité les choses.

Les services techniques sont là pour connaître les règles et maîtriser les circuits et les délais. Ce qu'on attend d'un élu, c'est qu'il soit en état d'alerte permanente, qu'il aille sur le terrain, qu'il enquête et concerte en fonction du programme sur lequel il a été élu, en fonction de la vision de l'avenir qu'il a proposée aux électeurs.


j'ai voté pour l'équipe municipale actuelle, non pas pour les mots polysémiques (et souvent creux) de convivialité, humanité...mais pour le projet évoqué d'un parc public dans la combe de la Buchette.La liste se faisait fort de discuter avec les propriétaires, de négocier et de les convaincre ! Je constate aujourd'hui la destruction de l'espace (boisé) classé de Montvallon ! Où est la logique ?


  1. Demander une autorisation de coupe et d'abattage dans un EBC, c'est une alerte à prendre en compte par un élu.

  2. Annoncer le prélèvement de plus de 30 % d'un bois, c'est une deuxième alerte à considérer quand la règle de gestion est plutôt de 12 à 25 %.

  3. Le calcul d'un espoir de gain plus que confortable, c'est une troisième alerte : Les belles grumes de chênes partent en Chine à 1000 le m3 (après séchage et sciage). Pour 85 chênes centenaires abattus, je vous laisse faire le calcul !

  4. Les appels des citoyens riverains sur la conduite (déplorable) d'un chantier, c'est une quatrième alerte à laquelle il faut réagir.


Pourquoi cela n'a-t-il pas fonctionné ? Où est en cause ? Qui est responsable ?

Loin de noyer les élus dans l'application de règles confuses, la pandémie aurait dû les alerter sur le fait que dans les périodes troublées, il faut redoubler de vigilance. Les affichages en mairie ou sur le terrain ne sont vus par personne, les alertes citoyennes fonctionnent moins bien, les gens sortent moins, se voient moins, se concertent moins. Or les intérêts privés, voire spéculatifs, veillent pour s'immiscer dans toutes les failles de la réglementation.

Pourquoi la vigilance de terrain n'a-t-elle pas fonctionné ? Ou bien serait-ce plus grave, le mal serait-il plus profond et les alliances plus sournoises dans leur mépris arrogant de l'intérêt général ?


Nous avons certes besoin d'humanité (lettre de Madame le maire n° 1 septembre-octobre 2020), mais pas de naïveté ni de pusillanimité. Le changement des règles (lois, codes, décrets, arrêtés, règlements) relève d'un niveau qui n'est pas celui des élus communaux et ce n'est pas ce que nous leur demandons. En revanche, la vigilance au plus près du terrain, la vigilance vis-à-vis des conflits d'intérêts, la défense de l'intérêt général selon le programme qui a permis leur élection, la protection contre les appétits privés en contradiction avec la conception du programme de la liste élue, voilà ce que nous attendons des élus de la commune. Une humanité audacieuse, courageuse et ferme dans ses décisions.


Le 15 mars 2020 la victoire de la liste "Lissieu autrement" a été sans appel. Une liste unie, unanime, ne laissant qu'une petite minorité à l'opposition (4 sièges/23). Je me demande aujourd'hui pour qui j'ai voté.


A force de tourner autour du bois, j'arrive à mettre un nom sur le loup qu'il ne fallait pas aller chercher ailleurs que dans le conseil municipal que j'ai contribué à élire :

- Emmanuel Bernard, conseiller municipal, dans le rôle du coupeur de bois

- Quentin Balaye, conseiller municipal adjoint délégué aux bois et forêt de Lissieu, dans le rôle du conseiller du coupeur de bois. Sa devise est reduce your C02 emissions & generate free cash flow

- Natacha Lalande, lissiloise, responsable du site "terres de forêt"* dans le futur rôle de la remplaçante du conseiller délégué ONF Gilbert Arrigoni ( conseiller municipal, liste minoritaire élu en mars 2020)


Je comprends tout d'un coup beaucoup mieux ce qui est en train de se passer à Lissieu. Je croyais que c'était réservé aux grandes métropoles, je me trompais. Le loup sort du bois jusque chez nous en toute impunité.

Je pressens qu'il va y avoir bien d'autres sujets sur lesquels la vigilance citoyenne doit devoir s'exercer désormais.


* Terres de forêt est une ONG créée en 2019 par Pierre (Petit-fils d’exploitants forestiers, je voue depuis toujours une passion aux arbres. « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben est mon livre de chevet), Pauline (Issue d’une longue lignée de pépiniéristes, j’ai une passion pour le végétal que j’ai aujourd’hui envie de partager et d’inscrire dans une démarche écologique) et Natacha (Engagée depuis 10 ans dans le monde associatif et l’animation de réseaux d’entreprises, je suis convaincue que chacun peut faire un petit pas pour réduire son impact sur l’environnement !).

Terres de forêt gère actuellement 252 ha et il n'est pas douteux que son expertise et expérience en termes de gestion forestière valent bien, voire dépassent celles de l'Office National des Forêts (ONF) qui existe depuis 1966 et gère 11 millions d'hectares de forêts publiques !



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