top of page
  • Photo du rédacteurDanièle Godard-Livet

Grands propriétaires et petits paysans, Lissieu au 19e siècle

Dernière mise à jour : 29 janv. 2023

Recensement de 1926 à Lissieu : Jean Marie Toinon né en 1907 à Chazelles domestique chez Bouchet au Bois Dieu, Driay Joanis né en 1907 à St Genis, journalier chez Nicolas Damour à Montluzin, Joany Faure né en 1907 à Lissieu fils de Jules Faure au Mas,Guillaume Vernay né en 1907 à Lissieu fils de Jean et Fany Vernay aux Vèpres (?).Et Pour les filles Anne Bouchet née à Lissieu fille de Jean Pierre Bouchet à la clôtre, Marie Louise jacquet née à Lissieu fille de Claudine Jacquet couturière, Marie Leblanc née en 1907 à Sivignon bonne chez Pierre Fornas.


Dans leur cahier de doléances, les Lissilois se plaignent en 1789 que les deux tiers des fonds (et les meilleurs) jouissent de privilèges féodaux. Il n’y a alors à Lissieu que 33 feux (ménage, soit environ 200 habitants). « C’est une chose fatigante de voir que dans notre paroisse comme dans plusieurs autres laquelle n’est constituée de 33 feux, nous avons plus de deux tiers et de meilleurs fonds privilégiés »

On connait à cette époque quatre grands propriétaires, propriétaires de châteaux : Les demoiselles Trollier à Bois Dieu (70 ha) et Joseph Henri Lambert à la Roue (115 ha), de Varax à Plambeau, Philippon à Montvallon.Il en existe une dizaine de moindres importances qu’on connaît par leurs grangers dont les actes d’état civil font mention: « granger de MJavelot », Long, Brochet à la clôtre, Borde Brisson, les frères Boissier, Lacour à Montluzin… On ne sait pas grand-chose de plus sur eux, car ils n’habitent pas Lissieu.

Après la révolution, la population de Lissieu croit ( elle fait plus que doubler entre 1800 et 1840passant de 234 à 475 habitants) et les plus grands domaines sont mis en vente 1:

  • En1827 Mme de Rocofort, proche de la tombe, met en vente Le Domaine de Bois-Dieu 60 ha par l’intermédiaire de son agent Gourd-Gavinet.

  • En 1833, à la mort de sa femme, Durosier met en vente les 115 ha de la Roue par l’intermédiaire de son agent Chartron.


Malgré ces mises en vente, Les grands domaines vont se maintenir sur plus d’un tiers de la surface de la commune : Bois Dieu, Montvallon, Les calles, domaine Brisson, la roue, Montfort ? La guerre ? Plambeau ?) et c’est seulement le domaine de La roue qui sera véritablement démembré, libérant quelques 80 hectares soit un sixième de la surface de la commune

Gourd-Gavinet, après avoir vendu quelques hectares de Bois-Dieu, rachètera la propriété pour la revendre à M. Fleurdelix en 1837 qui s’empressera de la reconstituer dans son entièreté qu’elle conservera jusqu’à sa vente dans les années 1970

Chartron quant à lui se conservera une trentaine d’hectares du domaine de la Roue pour en faire le domaine des Calles (qui sera revendu à de Charrin en 1850, puis à Chaine en 1858). De Charrin n’achètera que 55 ha du domaine en 1838 ; sa fille religieuse le démembrera encore pour laisser seulement 8 ha achetés par Perrin en 1863.

La population va continuer à croitre, atteignant un maximum en 1876 avec 161 ménages et 580 habitants. Le nombre de propriétaires n’augmente pas aussi vite et ne dépasse pas la moitié des ménages. Ils sont 53 en 1841 (sur 114 ménages, 46 % des ménages) et 65 en 1906 (sur 161 ménages, 40 % des ménages ).

On compte 77 domestiques en 1841 sur 475 habitants (16,5 % de la population) , 87 en 1906 sur 535 habitants. soit 16 % de la population

6 fermiers en 1841, 22 fermiers ou métayers en 1906.

Lissieu reste une commune de grands domaines confiés à des fermiers et de petits propriétaires (qui comme les fermiers des grands domaines peuvent avoir des domestiques) de parcelles souvent dispersées achetées au fil du temps et au gré des rares mises en vente. Petits propriétaires qui après avoir subi le désastre du phylloxera diversifieront leurs productions, les vendront aux marchés, perdront leurs domestiques qu'ils ne pourront plus payer et s’emploieront dans de grands domaines pour les gros travaux, ou quitteront la terre pour la ville.


Lissieu connaît une chute de sa population de 580 habitants en 1876 à 428 habitants en 1954, à peine plus qu’au moment de la vente des grands domaines dans les années 1830. quelques anciennes familles lissiloises (Duchamp, Fornas) et quelques nouveaux arrivants dans la commune (Franceschini, Boutet) profiteront des départs pour la ville pour devenir les nouveaux grands propriétaires de Lissieu.

Quand la populationde Lissieu recommencera à croître dans les années 60, ce sont certains héritiers des petits propriétaires qui profiteront enfin des revenus des terres devenues constructibles.

:


1En 1815 Les demoiselles Trollier partagent Bois Dieu 70 ha dans leur héritage (le Dodat est donné au confesseur de la dernière demoiselle Trollier 32 ha). Leure héritière Mme de Rocofort vend aux Gourd-Gavinet (l’agent immobilier chargé de la vente) qui revendra rapidement à Fleurdelix. Fleurdelix en 1837 56 ha qu’il accroitra à 61 ha (en une dizaine de petits achats), lesquels seront revendus aux Neyron par ses héritiers Puis figureront sur l’acte de vente des années 70 à la société Breguet pour créer le lotissement de Bois Dieur Du Rosier héritier universel de sa femme née Guyot dont le frère a pris la succession du beau père de Lambert démembre l’héritage de sa femme. De Charrin n’achète que 55 ha en 1838, Perrin seulement 8 ha en 1863, c’est seulement 2 ha qui sont vendus à Tournebize qui crée l’hotel de la réserve adns les années 70 Chatron achète les 30 ha des Calles qui seront bientôt rachetés par de Charrin puis par la famille Chaine. A sa mort en 1858 O’Mahonny possède 11 ha et le chateau de Montvallon vraisemblablement achetés à Tourret(hérité de sa sœur Marie Morel épouse Philippon) qui passeront ensuite à Chavanis, puis aux de Fenoyl avant d’être acheté en partie par la mairie pour créer l’école et le parc de Montvallon. La contenance, l’origine et l’évolution du Domaine Brisson reste un mystère pour moi, comme le partage des terres de Plambeau de Monsiuer de Varax.









260 vues0 commentaire
bottom of page