• Danièle Godard-Livet

Il faut que je vous parle des haies


deux clôtures sur une même limite
système de clôture à double détente

Quand on vit dans un village de style pavillonnaire, les haies, murs, murets, clôtures sont un élément structurant (comme disent les urbanistes) du paysage : ce qu'on a tous les jours sous les yeux, ce qui forme la sensibilité des enfants, ce qui participe à l'ambiance paysagère qui fait préférer l'habitat individuel au vert à une ambiance urbaine.

Enclôre sa propriété est un droit, encadré certes de règles et de préconisations, mais un droit préservé :


1-les règles de distance et de hauteur sont inchangées depuis un siècle et demi et formulées élégament dans les articles 671, 672, 673 du code civil :


2- Les efforts des urbanistes et des écologistes sont clairs pour rappeler l'impact visuel du traitement des clôtures de chaque propriété et l'intérêt pour la biodiversité des haies non monospécifiques.

3- Autrefois (au début de l'habitat pavillonnaires) de nombreux lotissements faisaient l'objet d'une conception architecturale globale préconisant des styles de clôture en accord avec le style des maisons pour créer des ensemble cohérents.


Aujourd'hui la bétonisation, l'obturation de l'espace, la stérilisation de l'ambiance semblent être devenues la règle : haies dépassant allègrement les deux mêtres, clôtures opaques et stériles, abandon ou oubli des réglements de copropriété, sont là pour créer un sentiment d'enfermement.

Pourquoi vivre à la campagne ?

Comment des gens si sensibles à leur environnement de vacances (voir leurs photos sur instagram) acceptent-ils de s'enfermer et d'enfermer les autres derrière des remparts qui rendent même les rues inhospitalières ? Les murs des grandes propriétés châtelaines ne conviennent pas vraiment à des lots de 700 m2 ou moins, ne croyez-vous pas ?


Ne sommes-nous pas en train, de décision individuelle en décision individuelle, de peur d'être vu en crainte d'être cambriolé, d'envie d'être chez soi en peur de saluer le voisin, de haine du végétal (qu'il faut tailler) en amour de l'imputrescible, d'envie de singularité en peur des règles imposées (vécues comme forcément uniformisantes), ne sommes-nous pas en train de pourrir notre environnement collectif ?

Nos villages pavillonaires deviennent de plus en plus laids, fermés, inhospitaliers. Ce que nous imaginons l'affirmation de notre inprescriptible liberté aboutit à un patchwork plutôt laid et c'est dommage.

Sans comper que bien protégés derrière ces murailles opaques les cambrioleurs peuvent agir en toute tranquillité !

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