• Danièle Godard-Livet

Isolement - jour 20


trouvé sur internet

Nous ne vivons pas seulement une période de confinement, nous vivons aussi une période de déchaînement des débats d'opinions sur les décisions qu'il faudrait prendre.

S'informer et se forger une opinion n'est pas simple, et pas seulement dans la période actuelle. Les médias aiment le sensationnel, les spécialistes ne sont pas toujours faciles à comprendre et c'est la raison pour laquelle j'aime bien suivre des esprits libres, curieux, soucieux de démocratie, passionnés par un grand nombre de sujets et pas trop manchots pour trouver les bonnes sources. Thierry Crouzet est de ceux-là, et je suis son blog depuis des années, tout particulièrement en ce moment où il se risque à donner des avis informés sur la crise que nous vivons, les mesures de confinement, l'interprétation des statistiques, les décisions de sortie de crise.

Thierry Crouzet n'est pas médecin, il est écrivain, blogueur, expérimentateur, cycliste, informaticien et praticien d'internet depuis les origines. Je l'ai découvert à l'occasion de la parution de deux de ses livres : La mécanique du texte (2015) et j'ai débranché : comment revivre sans internet après une overdose (2012). Il s'est intéressé aux problématiques de santé publique à travers deux livres : Le geste qui sauve (l'histoire de la découverte et de la diffusion du gel hydro-alcoolique) et Résistants (une fiction de pandémie résistante aux antibiotiques).

Merci à lui de jouer son rôle de citoyen, de vulgarisateur informé auprès de son audience qui est très large dans les milieux de l'écriture alternative. Merci à lui de prendre des risques car les commentaires sur son blog ne sont pas toujours amicaux. On a besoin de gens comme lui.

Et pour terminer, parlons de la chloroquine et du pragmatisme du docteur Raoult en lisant l'excellent article de Léo Coutellec qui dirige l’équipe « Recherches en éthique et épistémologie » (université Paris-Saclay, Inserm, CESP U1018) paru dans Le Monde du 27 mars 2020 : Construire la fiabilité scientifique en temps de crise, un enjeu démocratique. Il est important de rappeler que les opinions qui se déchaînent pour ou contre le docteur Raoult font aussi des choix de sociétés, sans le savoir. Léo Coutellec cite en conclusion un chercheur qui a beaucoup travaillé sur le Sida :

Steven Epstein avait décidément bien résumé l’enjeu : « Le fond de la question est que les pratiques et les méthodes mêmes qui ont donné à la biomédecine sa crédibilité en tant que science menacent sa crédibilité en tant que profession de la guérison. » Essayons, dans la confusion du réel, de maintenir cet équilibre difficile de la fiabilité.
devant chez moi un dimanche de printemps





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